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L'école et la vie sociale et quotidienne à la sucrerie de Francières

La mutation et l'organisation des cours à l'école

Q1 : Donc, comment avez-vous été institutrice à l'école de la sucrerie ?

R : C'était en 1957, j'avais 19 ans, c'était mon premier poste à l'année, puisque avant… ça va ?

Q1 : Oui, oui.

R : Le premier poste à l'année…, l'année précédente, j'avais fait des remplacements, j'ai débuté à 18 ans, à l'époque on pouvait après le bac… et donc j'ai fait trois remplacements. Au cours de cette première année, je rencontre l'inspectrice, que je connaissais, qui habitait à l'école … où j'avais été quand j'étais petite, elle me dit : oh la la, j'ai pensé à vous pour… à toi, elle me tutoyait, j'ai pensé à toi pour un poste où il faut quelqu'un de discret, d'assez accommodant. Bon, mais je lui ai dit que je n'avais pas demandé cette école de Francières, je ne l'ai pas demandée dans ma liste … c'est vraiment très loin, j'habitais Pont Sainte-Maxence.

Q1 : Ah oui ?

R : Et… elle dit : c'est un vrai bijou de classe. C'est une vraie bonbonnière et tu y seras bien. Bon, et j'ai compris pourquoi. Donc, j'ai pris mon poste en octobre, le 1er octobre, en 57… contente, mais une classe unique, ça me faisait un peu peur, c'est-à-dire qu'on avait les enfants de 5 ans jusqu'à 14 ans, puisque, à l'époque, c'était comme ça. Dans les classes uniques, on ne les prenait qu'à 5 ans, parce qu'avant, ça faisait maternelle et on ne pouvait pas faire en même temps maternelle et les grands. Donc, à 5 ans, ils étaient baptisés section enfantine. Pratiquement, s'ils étaient un peu débrouillés, on arrivait à faire le CP avec un an d'avance. On voyait bien leur niveau. Et puis, j'ai compris pourquoi il fallait être discret, pas être trop syndicaliste, parce que c'était la sucrerie de Francières, un milieu très catholique. Il y avait le prêtre de la région de Francières qui venait dire la messe le… je crois que c'était le mardi matin à la chapelle et donc, il fallait un enfant de cœur, un ou deux, qui arrivaient à l'école en retard. Oui, je pense que c'était un. Donc, il arrivait à 9 heures et demi ou 10 heures, enfin après la messe, c'est-à-dire qu'il manquait tous les mardis matin. Il fallait fermer les yeux, ne pas gronder, c'était comme ça. C'était une école qui se trouvait après le logement des maîtres et des logements d'ouvriers… L'école était une classe unique, il y avait entre 9 et 16 élèves, donc c'était assez petit, c'est vrai que c'était vraiment une bonbonnière, mon meilleur souvenir d'école, c'est Francières sucrerie. J'avais le logement qui touchait la salle de classe et le garage pour la 2 CV, et après, c'était une grande cour. Il y avait une entrée dans une grande cour de la sucrerie et là, il y avait une maison de gardien, et après un ou deux bâtiments industriels et après, c'étaient les champs...L 'école avec un large trottoir devant la route nationale. Souvent, des camions s'arrêtaient. J'ai commencé à 19 ans, en 57 et j'y suis restée jusqu'en 64. J'avais les enfants du personnel de la sucrerie, mais aussi d'une ferme qui faisait partie des propriétés de la société agricole et qui se trouvait à Fresnel, entre la sucrerie et le village de Francières, mais vraiment en pleine campagne, c'est-à-dire que les gamins qui venaient de là, faisaient le matin et le midi, ils retournaient chez eux, ils revenaient… il n'y avait pas de cantine, il n'y avait pas de transport scolaire. A l'époque, les enfants marchaient. Je préparais les enfants, comme dans toutes les classes uniques à l'entrée en sixième, il y avait un examen, au certificat d'études. Ma première année, j'ai eu le premier du canton, j'étais fière.

Q1 : Ah oui ? Ben oui.

R : Jean-Pierre, mais je vous en reparlerai. Vous savez que la classe a été restaurée?

Q : Oui.

R : Et donc j'étais à l'inauguration et j'ai revu, quelques anciens élèves, c'était très bien. Alors, donc, certificat d'études, mais aussi entrée en centre d'apprentissage, parce que les enfants, après 14 ans, pouvaient entrer en centre d'apprentissage, ils avaient un examen à passer aussi.

Q1 : Ah oui ?

R : Les examens, pour entrer en centre d'apprentissage, étaient le jeudi, puisqu'il n'y avait pas d'école le jeudi. J'ai pu mener des enfants à Saint-Quentin et ils ont passé leur examen à Saint-Quentin. Maintenant, on ferait attention les assurances, la responsabilité, mais à l'époque, non, c'était naturel. On mettait des gosses dans la voiture et puis, on partait. Voilà.

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