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Récit de vie de deux ouvriers à la sucrerie de Vauciennes depuis 1945

Le bulletin d'informations de l'usine

R3 : Voilà, Monsieur Mathieu, le monsieur qui était directeur à ce moment-là et qui s'est tué et c'est ce monsieur qui l'a remplacé après.

Q1 : D'accord.

R1 : Ils lui ont fait un hommage quand il s'est tué, le 22 mars 74.

Q1 : D'accord.

R3 : Il faisait un journal.

Q1 : Y avait un journal ?

R3 : Ben de l'usine.

R1 : C'est l'usine qui faisait ça.

R3 : C'est l'usine qui faisait ce bulletin.

R1 : Un bulletin d'information.

Q1 : Et qu'est-ce que, qu'est-ce qui…

R2 : Ils nous racontaient, ce qui…

Q1 : Et vous aviez ça tous les mois ?

R1 : Tous les trimestres. Y avait des concours de jardin…

R3 : Des naissances.

R1 : Les naissances, les départs en retraites, les arrivées, tous les décès malheureusement.

R3 : Ils mettaient le football, les dates, entrée au service, voyez, y en avait des départs, service militaire, les mariages, les décès.

R1 : Les résultas de football. Oui, mariage, naissance, c'était…

R3 : Les promotions.

R1 : On avait un comité d'entreprise et y avait tous les résultats du comité d'entreprise.

R3 : Tiens tu vois ici, à promotion, et qui c'est, moi, je ne me rappelle pas, qui c'était ?

R1 : Ah, c'était un comptable. Tiens, stage de formation.

Q1 : Ils indiquaient tout en fait.

R3 : Là, c'étaient les naissances.

Q2 : C'était qui, qui faisait le journal ?

R3 : Le bureau, chacun mettait son…

R1 : Là, Monsieur Mathieu, aussi avec, avait offert un stade de football et une piscine.

Q1 : D'accord.

R1 : Voyez, ça a été redonné à la commune.

R3 : Vous regardez comme ça, vous verrez un aperçu de ce qui se passait.

Q1 : Il paraît qu'il aidait quand les femmes accouchaient, qu'il prêtait une voiture, ou…

R3 : C'était l'infirmière, l'infirmière , quand on pouvait, elle les emmenait.

R1 : Elle les emmenait là tout de suite, pis il offrait une layette.

R3 : Ah oui, pis on avait une layette aussi. C'est Mademoiselle ????

R1 : Oui, on avait besoin d'un véhicule.

R2 : Oui, le week-end, il nous prêtait des véhicules.

R1 : Même que, je vois, pour les enfants des ouvriers, moi, j'avais un frère qui a été tué à 20 ans, il s'est tué à Paris, pourtant, il ne travaillait pas à Vauciennes, ils m'ont mis une voiture à mon service. C'est vraiment…

R3 : Même les personnes décédées de l'usine, à ce moment-là, il y avait la menuiserie, le cercueil était fait…

R1 : A la menuiserie.

R3 : Par le menuisier. C'était vraiment beaucoup familial.

R1 : Beaucoup familial, vraiment ça là-dessus, on ne peut pas reprocher ça.

Q1 : En fait, il y avait tout, en fait, c'était comme un village, y avait la boucherie et tout ça…

R3 : Mais ça a pas duré, au fur et à mesure c'est parti, parce que la boucherie, moi j'étais gamine, après ça a été arrêté…

R1 : Ah oui, après ça a changé beaucoup.

R3 : Y avait la coopérative, ça s'est arrêté aussi, au fur et à mesure que les années se sont écoulées…tout a changé…

R1 : Même encore du temps de Monsieur Mathieu. Parce que Monsieur Mathieu était encore vivant que c'était…

Q1 : Ça permettait d'être au courant de tout ce qui se passait, quoi. Il y avait des clubs, des rencontres de football et tout ça alors.

R1 : Oui il y avait l'arc, les boules à ce temps-là.

R3 : L'arc, y marche toujours.

R1 : Le football.

R2 : Il y avait le football spécial, une équipe de football spécial d'ouvriers sucres, après entre sucriers.

Q1 : Il y avait des matchs entre sucreries.

R1 : Entre sucreries, oui, ça se faisait beaucoup même.

R2 : C'était même important, départemental, national, sur toute la France.

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