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Récit de vie de deux ouvriers à la sucrerie de Vauciennes depuis 1945

La destruction du site de Vauciennes

Q2 : Ils ont réagi comment les gens en sachant qu'elle allait être détruite, la sucrerie.

R1 : Ah ben, les gens voulaient autrement et encore maintenant, quand on passe à côté ça nous touche.

R2 : Ça nous prend aux tripes, encore quand on passe à côté, on se dit, c'est pas possible, tant de logements, pis qu'il n'y a plus rien.

R3 : Y avait des beaux logements, on appelait ça le château, tout ça, ça a été rasé, pourquoi.

R1 : C'était familial, c'est ça le problème, c'est familial, eux, c'était de père en fils. Moi, j'ai mon grand-père, il a travaillé là quarante-cinq ans, mon père autant. Moi, je suis né en plein dans la sucrerie, où ils ont fait l'atelier mécanique. Moi, j'ai vu, c'était une cité, et derrière il y avait une ligne de chemin de fer qui passait avec des wagons et ils déchargeaient les wagons de betteraves avec un système hydraulique.
Pour la campagne, y avait les logements, il est là, et y avait des fenêtres qui donnaient des rails, côté wagon, ils mettaient des planches pour boucher carrément les fenêtres des logements, les gens ne disaient jamais rien.

R2 : Pour éviter les bruits.

R1 : Et moi, j'étais ???. Tu te rappelles pas de ça quand il y avait la cité qu'ils déchargeaient les wagons.

R3 : Si.

R1 : C'était la plaque tournante. Et moi, je suis né dans la petite maison. La première maison. Je revois ma grand-mère qui voyait ça.

Q1 : Ça a dû vous faire bizarre, dans le village, quand ils ont tout détruit, si rapidement ?

R3 : Ah ben, les gens, ça fait mal au cœur. On avait du mal à comprendre.

R2 : Moi, je me réveillais la nuit, je repensais à ça, on en perd le sommeil, franchement. La sucrerie, tous les logements, pis du jour au lendemain, plus rien.

R1 : Surtout, ils ont rasé des logements, vraiment des logements de valeur, c'est vous dire.

R2 : La valeur même du bâtiment.

R1 : Ils venaient de refaire tout le chauffage central dedans, toutes les salles de bains, ils ont tout rasé, ils ont mis le feu d'abord.

R3 : En face, ils étaient bien ces petites maisons.

R1 : C'est les pompiers de Crépy en Valois, les pompiers qui sont venus faire des essais. Y avait une salle de restaurant, magnifique, des tentures, et tout, non, non, ils ont tout brûlé, ils ont mis le feu.

R3 : Oh oui, là…

R1 : Oui, là, ils ont été un peu forts, c'est pour ça qu'on leur reproche beaucoup.

R2 : Pas l'ancienne direction, la nouvelle direction.

R1 : La nouvelle direction.

R2 : Ceux qui ont racheté l'usine.

R1 : Ceux qui ont racheté l'usine vraiment. Parce que c'est vrai que ça a été racheté.

Q1 : Vous savez, vous savez par qui ça a été racheté ?

R2 : Ben, ça a été racheté par la CFS, la première fois…

R1 : Par des italiens aussi.

R2 : Et ensuite, Beghin Say, Beghin Say, c'est italien.

R3 : Et puis, là, c'est arrêté, mais comment Chevrières c'est racheté aussi.

R2 : Maintenant, c'est Beghin Say.

R3 : Non, c'est pas Beghin Say.

R2 : Non, c'est pas Beghin Say.

R1 : C'est ???, non. C'est un groupement de cultivateurs, je crois.

R2 : C'est ça oui.

R3 : ??? il dit j'ai mes parts là-dedans et pis il va à Vic-sur-Aisne, lui avec ses silos.

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