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Un transporteur dans le sucre à Montcornet

Le métier de transporteur

Q1 : Qu'est-ce qui vous a poussé à venir dans la sucrerie comme ça alors ?

R1 : C'était une histoire déjà, c'est-à-dire j'avais déjà quitté la culture, pis c'était un chauffeur de camion, là, un transporteur, comme j'avais le poids lourd, j'ai fait une campagne de betteraves, pis, comme il allait lâcher, j'en ai profité pour entrer là-bas. C'étaient les camions, ils allaient à quoi 65 à l'heure. Des Bernard, des camions Bernard, c'est vieux ça, vous avez jamais entendu. Pis, ça fumait sans arrêt. Des pots d'échappement comme ça, d'abord c'étaient des quinze tonnes, on faisait douze tonnes à vide.

Q1 : A vide ?

R1 : Ah oui, douze tonnes. Y avait des châssis, le châssis était peut-être comme ça, ouais, ça n'allait pas à plus de 65 à l'heure. C'étaient des vrais…

Q1 : Et donc, vous avez fait transporteur avant d'arriver à la sucrerie.

R1 : Oui, une campagne simplement. Pas de plus. Il avait du mal à payer, on savait qu'il y en a même qui se sont fait avoir. Enfin, moi, je n'aurai pas sorti tant qu'on m'aurait pas donné mon pognon. Et oui, malgré que j'étais jeune, je me laissais pas…Sinon, ils nous donnaient en liquide, on n'était pas mal non plus. On allait à 1.200 balles, 120.000 balles autant dire et quand j'ai rentré à la sucrerie je n'avais que 60.000 balles à ce temps-là en 64.

Q1 : La moitié, quoi.

R1 : La moitié, oui.

Q1 : Ça a dû être rude quand même pour vous de passer du coq à l'âne finalement.

R1 : Pour à ce temps-là, on dit une cuisinière à gasoil, elle valait 120.000 balles, il fallait deux mois pour la payer, ben maintenant, une cuisinière en même pas un mois on l'a. A ce temps-là, deux mois. C'était, on démarrait comme ça, on ne se plaignait pas. C'était la vie, c'était comme ça, on n'était pas plus malheureux, enfin y avait peut-être des choses, on n'avait pas de téléphone, on avait pas ça, bon, mais on était bien quand même, ouais, même aux sacs, y a qu'a demandé à Monsieur Sévrain, on disait qu'on avait du mal, on rigolait bien, on était en groupe de jeunes comme ça, on était en équipe de cinq/six, on aimait bien blaguer, c'était bien.
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