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Un transporteur dans le sucre à Montcornet

Les travaux des saisonniers

Q1 : Et avec on vous aidait pendant la campagne, j'imagine avec des saisonniers non ?

R1 : Oui.

Q1 : Comment ça se passait avec eux ?

R1 : Plus ou moins bien, parce que, en réalité nous, on était obligés de faire les bordures, pis eux, ils mettaient au milieu. Au milieu, c'était pas pareil, y avait que ça qu'on y touchait pas, floc, il était mis du premier coup. Mais en bordure, fallait toujours y toucher. Alors donc on avait 1.500 à faire à trois, et les saisonniers, y a des moments, on préférait être à deux, à deux on en faisait 1.000 que ça y était, fallait une paire de fois où un gars qui était venu, il dit, je sais pas, j'ai déjà mal aux reins, quand j'ai vu ça, j'ai dit, tu sais pourquoi, t'as plus qu'à te retourner tu vas être affligé pour le restant de ta vie, du coup, il s'est taillé, pis que nous on a fait que 10 routes, 1.000 sacs automatiquement à deux, au lieu de 1.500, mais s'il disait qu'il avait déjà mal aux reins, je lui ai dit, t'as plus qu'à retourner, tu vas être affligé pour le restant de ta vie, il n'a pas demandé mieux, il est reparti.

Q1 : Ça devait vous perturber, en fait, parce que vous, vous aviez vos habitudes ?

R1 : Ouais.

Q1 : Pis fallait prendre du temps sur vous pour leur apprendre…

R1 : Pis le sac, il arrivait, flac, sur le dos avec Monsieur, il vous l'a peut-être dit, même, vu qu'il n'était pas tellement grand, fallait mettre la machine à hauteur, alors donc on essayait de mettre à moitié ici et là, parce que nous on aurait été obligés de s'abaisser pour l'avoir. En réalité, le sac montait, il allait encore assez vite. Fallait l'attraper. Moi, j'ai vu, mon frangin, il était là un an, il a eu bien fait aussi de quitter, mais, il y a des moments, je le soulevais quand le sac arrivait sur le dos, je soutenais un peu le sac. C'était, il a fait un an aussi, lui après, il a été chez Taittinger au champagne, il a moins esquinté son dos que de porter des sacs.

Q1 : Ah ben ouais c'est clair.

R1 : Pis la paie n'est pas la même.

Q1 : Les saisonniers, c'était quoi, c'étaient des…

R1 : Des gars qui n'avaient plus ou moins pas de boulot, quoi.

Q1 : Ils venaient de où, de Belgique ?

R1 : Oh non. Non, c'était bon dans le temps ça. Oui, y avait même les chefs de cour, y avait deux chefs de cour, c'étaient deux belges. Avant, y en avait beaucoup pis après, bon, il y a eu de moins en moins de boulot, alors, ils prenaient des gars qui n'avaient pas de travail.

Q1 : Des gars du coin quoi ? Donc, finalement ça faisait vivre quand même beaucoup de foyers quoi ?

R1 : Y avait des gars qui se permettaient, presque de vivre, d'un bout à l'autre de l'année à faire les trois mois.

Q1 : Ah bon.

R1 : Ah oui, on en connaissait, après, sans doute qu'ils se faisaient inscrire au chômage, mais le peu qu'il faisait trois bon mois ou autre, ben allez hop, chômage.
Oui, en ce temps-là c'est plus comme maintenant. Oui, les saisonniers, y en avait quelque uns quand même, les saisonniers.

Q1 : Ça représentait combien de l'effectif.

R1 : Rapport à nous, les équipes, on était déjà trois, les porteurs y en avait déjà deux rouleurs et un qui dégerber les sacs, mais ça faisait trois, six déjà pour, à l'annexe encore, parce que le sucre qui sortait, pis y avait le wagon, ils amenaient à l'annexe, fallait qu'on décharge les wagons. C'était avec le gros tracteur.

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