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Un transporteur dans le sucre à Montcornet

Les transports de betteraves

Q1 : Et comment cela se fait que vous êtes passés de coltineur de sacs à justement à cette fonction là ?

R1 : Parce qu'après, ils ont fait des 50 kg et ce qu'il y avait besoin de moins de monde, et tant de ça, ils ont fait des cuves. Le temps qu'ils ont transformé l'usine, qu'ils ont fait des grandes cuves, d'abord elles y sont tout le temps, pour faire le vrac. Après, ils ont arrêté quasi les…, alors, moi, j'étais sept ans à faire coltiner les sacs de 100 kg, pis après, hop, tantôt, aussi bien qu'en campagne, qu'on allait mener les wagons, fallait qu'on s'occupe en même temps du four à chaux, c'est-à-dire alimenter le four à chaux, ça consistait à mettre des pierres, à mettre du coke, à surveiller un peu tout, que le feu, en réalité, qu'il ne crève point.

Q1 : Ouais, c'était moins physique ou ça marchait comment ?

R1 : Hof, c'était comment que je vous dirai moi, c'est, c'est, enfin, il y avait des bascules, c'est rapport au nombre de kilos de coke pour le nombre de pierres, ça je ne pourrai pas vous le dire, je sais pas, peut-être une trentaine de kilos de pierre, pour 3 à 400, heu, une trentaine de kilos de coke pour, mettons, 400 pierres. Alors c'était dans le four, ils préparaient ça, le bas du four, ils mettaient, quand ils allumaient, en premier, ils mettaient des grosses traverses, voilà comme ça, après ils mettaient des chiffons dessus, avec du gasoil ou si et là, ils mettaient du petit bois, du charbon, pis, bon, quand y commençait quand la sucrerie commençait à allumer, hop, ils allumaient, ils mettaient peut-être 500 kilos de boulets pour que ça prend tout de suite, je veux dire…

Q1 : C'était avant l'arrivée du fuel, ça ?

R1 : Au fur et à mesure qui tirait pour avoir la chaux cuite, autant dire, la chaux vive, hop, ils tiraient, c'était un tapis qui était en dessous justement. Le four à chaux, c'est pas haut, et donc là, dans le bas, y avait un tapis à écailles qui tirait la chaux au fur et à mesure, ça allait dans un mic qui appelle et pis c'était dilué là-dedans. Les déchets, ils allaient d'un côté, pis le lait de chaux, il retournait dans la sucrerie, mais après, moi, dans la sucrerie, je ne connaissais pas. Je connais comme ça, mais évaporation, cristallisation, tout ça, moi, je ne connaissais pas. Après, j'étais plus souvent dehors que j'étais dans l'usine, hein.

Q1 : Vous étiez beaucoup à travailler ensemble dehors ou ?

R1 : Bon, c'est-à-dire, mettons où la, celui qui est en premier, enfin, où j'ai connu, les gars qui étaient à la mitrailleuse, qu'ils appelaient, y avait mettons un grand hangar, y avait les silos de betteraves, pis c'étaient des grosses lances qui crachaient, je ne sais pas combien de kilos de pression qui avait et le gars, au fur et à mesure, il attaquait le bas des betteraves, il balayait, et pis du coup, les betteraves y partaient dans un caniveau pour aller en direction en direction du lavoir.

Q1 : D'accord. Vous étiez, parce que, eux, ils arrivaient donc, eux, ils participaient au début de la chaîne et vous, vous étiez à la fin et…

R1 : Plutôt entre-deux oui. Parce que rapport avec la chaux, faut que ça retourne, il se remélange aussi bien que pour la diffusion, il faut qu'au bout d'un moment la betterave, elle va déjà au coupe-racines, ça fait des coussettes, les coussettes, après, ils retournent aux cuites, c'est chauffé, ça fait comme heu, et après c'est, c'est cuit cuite, oui, c'est cuit et ça retourne évaporation, après il y a encore quelque chose, carbonatation qui y avait, et puis, il y avait donc encore, donc les cuites, là, après ça va aux turbines, là aux turbines, ça va au séchoir, après ça retourne dans le magasin en vrac comme c'était fait.

Q1 : Donc, vous en faisiez pas mal de voyages, finalement, avec du sucre ?

R1 : En réalité, le sucre, dès qu'il part de la betterave, elle-même, jusqu'à la fin, il y a du chemin. C'était beau à voir. Y avait des gens qui venaient le dimanche, qui demandaient pour aller voir, pour visiter, quoi.

Q1 : Ah bon !

R1 : Oui, y avait des groupes. Même moi après quand Montcornet, il a fermé, je suis allé à Saint Germainmont dans les Ardennes, ben, le dimanche, souvent, là je tournais j'étais au bulle, au gros cathare.

Q1 : C'est quoi ça ?

R1 : Ben, c'est un gros bull pour charger les betteraves, parce que le dimanche, ils ne chargeaient pas, à part le matin, mais la nuit, y avait pas de chargement, alors c'était nous qui reprenions les betteraves au bull.

Q1 : Ah oui.

R1 : Oui, on reprenait au bull les betteraves et toute la nuit, on tournait. Alors donc la nuit, on reprenait avec le bull, on faisait, je ne sais pas moi, pas loin de dix tonnes qu'on prenait de betteraves, sept à huit tonnes, il les prenait n'importe comment.

Q1 : Ah oui.

R1 : Oui, c'étaient des grandes, la machine, elle faisait trois à quatre mètres au moins, on rentrait là-dedans. On retournait toujours. Il y a des moments on ne descendait à peine de l'engin pendant huit heures. Quand on descendait en bas de ça, c'était comme si on avait avalé trois litres de vin.

Q1 : A ce point-là ?

R1 : Avant, on marchait sans arrêt, sans arrêt.

Q1 : Ah oui.

R1 : Pis, y a des moments quand c'était trop gras, le bull, il a déjà tombé, ben dans le point fixe qu'ils appelaient, ils mettaient peut-être trois cent tonnes et si on attendait trop longtemps, et ben, on avait du mal à relever le tas. Les gars y rouspétaient, les gars du lavoir, ils n'arrivaient plus à avoir les betteraves, parce qu'il n'y en avait pas assez, ils rouspétaient.
Q1 : Et vous, en fait, vous récupériez les betteraves et vous les emmeniez…

R1 : Y avait pas loin, rapport c'était le point fixe, et pis, il y avait le parc. Donc, quand heu, qu'est-ce que la sucrerie dans la journée, elle pouvait pas écraser, c'était stocké.

Q1 : D'accord.

R1 : Un peu à côté, mettons à 50 mètres, et pis, la nuit, dès qu'il n'y avait plus de camion, on reprenait ça, et nous, avec les bull, on faisait la navette…

Q1 : Vous les remettiez….au caniveau…

R1 : Au point fixe, au point fixe

Q1 : Avec les mitraillettes.

R1 : Ah non, on n'y était déjà plus, c'est plus nouveau, le rapport des mitrailleuses, c'était tout à fait au début, qu'il n'y avait pas de point fixe, comme ça.

Q1 : D'accord.

R1 : Directement, rapport où que c'est qu'il y avait un hangar, les gars à la mitrailleuse, hop, et pis ça partait dans les caniveaux. Alors, là, après, déjà à Montcornet, ils l'ont fait aussi, ils ont fait un point fixe, là, c'est des mitrailleuses automatiques, ils se mettaient, mais après, hop, donc, les camions, ils bennaient directement comme si c'était le point fixe, là, les camions, ils reculaient, ils bennaient, toc. Alors, quand il n'y avait plus de camions ou qu'il n'y en avait plus assez, nous, on était là avec le bull, bon, on dirigeait un peu les camions, pas en mettre de trop et si et là et dès qu'ils en manquaient, il fallait qu'on en remette, qu'on aille en rechercher autre part, au point de départ, quoi.
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