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Un transporteur dans le sucre à Montcornet

Les accidents de travail ou les problèmes de santé dûs aux métiers du sucre

Q1 : Vous avez connu des gens qui ont eu d'énormes problèmes de dos, qui n'ont jamais pu reprendre des charges comme ça ?

R1 : C'est possible, mais bon, quand on avait quelque chose ou autre, ça m'est arrivé une fois simplement, mais c'était parce qu'on déconnait, on était bien toujours, le sac, c'était, il y avait des sacs qui étaient durs, c'était du sucre fin, qu'ils appelaient, c'était pour les biscottes, il était dur comme ça, ils embauchaient des gars, avec des maillets, le menuiserie, y faisait des maillets, pis pour les taper, les casser, avant qu'il soit sur la sauterelle, ils nous arrivaient sur le dos, c'était comme des pierres, alors, des moments on déconnait, pis y avait un de mes cousins, il me dit y a le sac, quand je me suis retourné j'ai fait ça, pfuff, je l'ai pris en plein. Bon sur le coup, on avait été voir à ce temps-là, on appelait ça un rebouteux, là, le vieux, allez à droite à gauche, et pis, oh, je ne voulais déjà pas y aller, c'est mon cousin qui m'avait dit, ben vas-y, pis le lundi, j'ai été voir au bureau, là, j'ai dit, bon, ben il faut me ramener là-bas à Reims, j'ai dit ça va pas ça, j'ai été chez, était un masseur qui était à Reims, heu, il s'occupait de l'équipe de foot de Reims à ce temps-là, on allait là-bas. Rien qu'à me voir, bon il m'avait déjà vu, j'amenais des gars là-bas aussi, nous ils nous remboursaient là-bas, la sucrerie, elle autorisait d'abord de les envoyer, bon, il me dit, va t'as pas besoin de me dire qu'est-ce que t'as, il me dit allonges-toi là. Clac, clac aussitôt. Le vieux là-bas, il avait beau bougé ma tête, rien du tout.
Ma femme, elle descend un talus un fois, elle s'est tordue. Elle va voir donc ce gazier là, elle revient, elle boitait encore. Je dis, ben, il ne t'a rien mis. Ben, elle dit, attends il faut que ça se remettre. Ben je te dis qu'il ne t'a rien remis. Mon frangin, il allait à Reims, je lui dis, tiens ramène-là chez. Elle est revenue, elle est sortie de là-bas, elle a fait au moins deux kilomètres, son pied était remis.

Q1 : Ah oui.

R1 : Même à cet endroit-là, c'est le seul endroit que j'ai vu y avait des bonnes sœurs qui allaient là-dedans, chez, d'abord et même des bonnes sœurs, il y en avait une sans doute qui avait soit le nerf sciatique coincé, ou autre, ils la maintenaient, ben après, on l'a vue ressortir, il la tenait, sa sœur, elle ne la tenait pas comme dit, c'était un caïd, y avait du monde incroyable.

Q1 : Vous aviez des examens, chaque année, justement, pour voir si…

R1 : Non, même avant, on passait la radio, après on en a plus passé, on en passait plus de ça.

Q2 : Ah non.

R1 : Non, ça, je ne sais pas, ils ont peut-être trouvé que c'était inutile, mais enfin, il arrivait à avoir des erreurs aussi, y a des moments sur les images, hein.

Q1 : Comment ça ?

R1 : Parce que, y a des moments ça fait une tache, pis quand c'est comme ça, ils croient que c'est une tuberculose et si et là, ils envoient la famille là-bas, moi j'ai connu quelqu'un à la sucrerie, la famille là-bas à Saint-Quentin ou Chauny pour l'histoire du machin de tuberculose.

Q1 : Ah oui.

R1 : (???), il y a été, il dit j'ai pas dormi de la nuit, quand ils m'ont dit qu'il fallait que j'aille là-bas avec les enfants pis la femme.

Q1 : Pour faire quoi ?

R1 : Moi, j'ai déjà été, mais parce que, à ce moment-là, quand ils ne voient pas bien à la radio, ils vous repassent, comment qu'on appelle ça, je l'ai déjà eu ça moi…

Q1 : Une fibroscopie ?

R1 : Oui sans doute, c'est…

Q2 : La fibroscopie avec une…

R1 : C'est désagréable ça, là, ils ont fait, à ce temps-là, nous à ce temps là c'était un plus gros tuyau, une fois le (???), oh, j'ai dit non j'y vais plus là-bas.
Oui, mais il dit, c'est plus comme avant. Alors, même on voyait bien même à la télé. On regardait, alors il pousse le tuyau, on croyait qu'on va crever comme dit l'autre, et pis au bout d'un moment suivant quel côté qu'il veut aller, hop, si la caméra va à droite et qu'il faut qu'elle aille à gauche, il ratire, alors c'est désagréable, on croirait qu'on va crever.

Q1 : Vous en faisiez au début pis à la fin vous ne faisiez plus de radio alors de ce fait là ?

R1 : Non, même là-bas, on en faisait pas. Non, on en faisait plus, après tout le monde, normalement, en faisait, mais après il y a eu une campagne, ils ont trouvé inutile ou si et là, que ça revenait trop cher…

Q2 : C'était trop cher.

R1 : Oui ça se pourrait bien. Voilà.

Q1 : D'accord, d'accord.

Q2 : Je crois que l'on a fait le tour aussi.

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