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Un transporteur dans le sucre à Montcornet

Le syndicat FO et les grèves

Q1 : Mais à Montcornet, il n'y avait pas de syndicat qui était là pour faire avancer le truc.

R1 : Le syndicat était acheté là-bas.

Q1 : Ah ouais, c'était quoi comme heu…

R1 : Force Ouvrière.

Q1 : FO ?

R1 : Oui.

Q1 : Y avait que ça, il n'y avait pas de…

R1 : Oui, c'était pas comme là-bas, là-bas, ils avaient fait un mois grève, là-bas.

Q1 : Ah ouais.

R1 : Oui.

Q1 : Vous y avez participé aussi ?

R1 : Avant de démarrer oui. Eux-mêmes, ils avaient arrêté, je crois bien. Ah ben ça coûte cher, parce que quand c'est avant de démarrer, heu, le four à chaux, si mettons, ils font grève, ils ne vont pas allumer le four à chaux, mais s'ils démarrent et pis qu'après ils font grève, le four à chaux, faut qu'il y ait quelqu'un qui l'entretient.

Q2 : Ah bon.

R1 : Oui, ils ne peuvent pas l'éteindre. Faut le vider. Faut que ce soit refroidi tout ça, je ne sais pas combien de degré ça monte ça hein. Oui, oui à l'intérieur.

Q1 : C'est les turbines.

R1 : Non, non. Un four à chaux, c'est qu'est-ce qu'on voit, fort haut, pis bien souvent avec une toiture. Tout ça c'est d'un bout à l'autre. C'est plein de pierres, donc il y a des pierres et du coke simplement, ça brûle, il se sert du gaz aussi, mais pourquoi faire, ça je ne sais pas.

Q1 : Et vous avez fait grève pourquoi à ce moment-là ?

R1 : Parce qu'ils voulaient des augmentations. Ah moi, je n'y étais pas, c'était avant que j'y aille. C'est pour ça qu'ils avaient la brique. C'était…

Q1 : C'est peut-être aussi pour ça que, enfin, il n'y avait pas vraiment de vrai syndicat à Montcornet.

R1 : Oui, c'était autre chose, et pourtant c'était le même groupe. Alors, là, ils nous faisaient miroiter comme quoi c'était pareil, que les gars y touchaient, mais c'était pas vrai, ça se sait toujours quand même.

Q1 : Et vous pensez que le syndicat qui était à Montcornet, il savait tout ça.

R1 : Oh, ils ont quand même des réunions ou si et là, ça se parle quand même. Avec les voitures tout ça les gars. Bon, ben, dès qu'à Montcornet, vous voulez un peu trop montrer, ils vous cassaient vite les pattes, hein.

Q1 : Comment ça ?

R1 : Parce que, vous voulez faire le malin, moi, j'ai connu les gars au garage, ils voulaient faire un peu le malin, du jour au lendemain, ils ne redonnaient plus le camion, ils allaient les faire gratter la ferraille, qui faisait froid, hein.

Q1 : Ça leur servait à quoi de faire ça ?

R1 : Ah, ben, c'est pour punir les gars. Ils ne pouvaient pas leur foutre un coup de poing dans la gamelle, en les punissant comme ça.

Q1 : Il y avait de la pression alors, non.

R1 : Oui, voilà.

Q1 : Le patron était souvent derrière vous ou quoi ?

R1 : C'est pas les patrons, mais il y avait des contremaîtres, tout ça, le patron, non, on ne le voyait pas souvent, lui, il était souvent à Paris qu'autre chose, mais l'histoire, automatique, c'est ça. Ils avaient peur. Parce que je ne sais même pas s'ils ont le droit, du jour au lendemain, vous êtes chauffeur et si et là, on vous envoie gratter de la ferraille ou à betterave et si et là. J'ai connu ça, enfin, moi j'ai pas été, mais j'ai connu des gars qui y ont été par rapport à ça. C'était…

Q2 : Parce qu'ils avaient protesté un peu…

R1 : Oui, qui faisaient un peu la tête, pis, il suffisait que le gars ne plaisait pas au chef du garage et si et là. Il y en a qui était bien vu, c'est parce qu'ils allaient amener fournissaient, mais des gars qui avaient des petites fermes et si et là, ils amenaient soit une volaille et si et là, ils étaient bien vus.

Q1 : Ah oui ça marchait comme ça.

R1 : Oui un peu. C'était…

Q1 : Ça devait jouer beaucoup sur les relations entre…

R1 : Il suffisait qu'il a une belle femme aussi n'importe comment, de tout, n'importe comment. Tout est bon des machins comme ça.

Q1 : Ah ce point là.
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