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La sucrerie de Montcornet : activités, travail, fermeture

Les logements et maisons de la sucrerie

Q2 : Voilà. Et heu, moi, j'en reviens à votre activité, en fait, à Guignicourt. Vous aviez des maisons, c'est ça…

R : Oui.

Q2 : Et qui étaient louées à qui, ces maisons-là.

R : Aux salariés.

Q2 : Aux salariés uniquement.

R : Oui, uniquement.

Q2 : Donc vous vous gériez, en fait, les ressources, loyers, tout ça.

R : Heu.

Q2 : Et c'était avantageux d'avoir une maison enfin de louer une maison à la sucrerie.

R : Oui.

Q2 : C'était beaucoup moins, enfin…

R : Le loyer était un peu moins cher. Au fur et à mesure, ça a été revalorisé.

Q2 : Oui.

Q1 : Vous en avez eu une vous.

R : Moi, j'étais logé fonction quand j'étais à Montcornet. J'avais une maison, si vous voulez, je ne payais pas de loyer.

Q1 : D'accord.

R : J'avais un avantage en nature qu'on appelle. J'ai déménagé pour faire construire ici, parce que c'est pervers aussi. C'est bien pendant quelques années, mais c'est pervers aussi.

Q1 : En quoi, vous trouvez ça pervers, vous.

R : Ben on s'habitue à un salaire dans la vie.

Q1 : Ah oui.

R : Si vous, même si vous mettez de l'argent de côté pour qui ait le prix du loyer, vous n'aurez pas forcément une maison à la fin.

Q1 : Oui. C'est vrai.

Q2 : On ne sait pas jusqu'à quand ça dure.

R : Voilà.

Q1 : Et y avait, euh, c'était tout le monde, tout le monde avait vraiment accès à ces logements là, ou c'étaient des postes bien définis, les gens qui viennent de loin…

R : Oui, c'étaient des postes définis, oui, ou un moment donné, une maison de libre.

Q1 : C'étaient pas des ouvriers, quoi.

R : Si, si, si, ah si beaucoup.

Q1 : Il y en avait quand même. Et c'était, enfin je veux dire, c'était sélectionné comment cet avantage là.

R : Oh, je ne dirai pas que c'était sélectionné, c'était…

Q1 : Vous ne vous en occupiez pas, non.

R : Non, ça je ne m'en occupais pas. C'était la direction qui s'occupait de ça. Quand vous parlez de ça à quelqu'un qui a eu une maison, il est content, quand vous parlez de ça à quelqu'un qui a demandé une maison, qui en a pas eu, il n'est pas content.

Q1 : Oui, ça peut être le contraire aussi.

R : Je ne sais pas, j'en sais rien.

Q2 : Ça dépend de la maison.

R : Moi, je sais que quand j'ai demandé une maison, j'en ai eu une, j'étais content, quand…

Q1 : Vous êtes resté combien de temps là-bas, dans ce logement-là, vous êtes resté combien de temps ?

R : Je suis resté quatre ou cinq ans, six ans peut-être, je ne sais plus.

Q1 : Puis, vous êtes parti direct après, heu, vous avez fait bâtir ici.

R : J'ai fait bâtir ici.

Q1 : Aussitôt, ou vous avez racheté un truc avant.

R : Non, j'ai acheté un terrain et j'ai fait bâtir. J'ai acheté ça en 1973. Si, 73, parce que le temps que je fasse la maison ça a duré assez longtemps, 76/77, je suis resté, 71 je suis bien resté cinq ans.

Q1 : Cinq ans dans le logement. Vous aviez déjà donc prévu, dès que vous avez pris le logement d'entreprise, vous avez déjà en tête de faire construire finalement. Vous alliez le faire, quoi.

R : Oui, je l'aurai fait, de toute façon je l'aurai fait.

Q1 : Donc, vous n'étiez pas dans la perspective déjà de, d'attendre un moment, puis peut-être acheter quelque chose.

R : Non.

Q1 : Vous aviez déjà dans l'idée de…

R : Oui d'acheter ou de faire.

Q1 : Voilà, OK. Il y avait beaucoup d'avantages à faire construire une maison ou quoi.
R : A l'époque, c'était un peu, une politique, une politique un peu du gouvernement de l'époque. Hein, ils ont favorisé l'accès à l'habitat, là, alors, quand j'ai fait bâtir dans ces moments-là, il y a eu le lotissement de créer, tout ça, le lotissement de Montcornet de créer, beaucoup ont fait bâtir.

Q1 : Oui.

R : Les taux d'intérêts ont diminué pour favoriser un peu les prêts à la construction.

Q1 : Vous aviez déjà des enfants à cette époque-là.

R : Oui, j'en avais un, non, même deux, oui, les deux.

Q1 : Vous avez deux enfants au total.

R : Hem.

Q1 : Et combien de petits-enfants ?

R : Pour l'instant trois.

Q1 : Pour l'instant trois. D'accord OK.

R : Deux garçons et trois filles, trois petites-filles.

Q1 : Vous aviez déjà vos enfants en ce temps-là et c'était assez grand le logement pour vos enfants et tout…

R : Oui.

Q1 : C'était comment ce logement-là d'entreprise.

R : Y avait, non, c'était une belle maison, il y avait, c'étaient des maisons récentes, de construction récente, et c'était, je ne sais pas comment ça s'appelle, il y avait trois chambres, je sais qu'il y avait trois chambres.

Q2 : C'est la sucrerie qui a fait construire ou elle a racheté.

R : Non, elle a fait construire.

Q2 : D'accord, donc en fait, le but de, enfin, c'est quoi le but de la sucrerie d'avoir des maisons comme ça.

R : Ben c'était une politique à l'époque. A une époque, c'était une politique d'avoir les maisons pour loger…

Q2 : Leurs ouvriers.

R : Leurs salariés.

Q2 : D'accord.

R : C'est une politique de la société. Pis, partout où j'ai passé il y avait la même politique.

Q1 : Esprit de famille.

R : Esprit de famille et puis esprit aussi de dire Monsieur, vous logez à côté de la sucrerie, parce que en campagne, on a besoin de vous, vous pouvez, vous avez un logement de fonction, mais vous devez être disponible aussi.

Q2 : Oui, voilà.

Q1 : C'était à double tranchant.

Q2 : Vous étiez à la botte de l'entreprise.

R : Pas à la botte, mais bon, on était on était corvéable pour l'entreprise. Mais, enfin, quand vous acceptiez ça, vous le saviez.

Q2 : C'était un compromis quoi. Et pourquoi ça a disparu ça, maintenant, les logements et tout.

R : Parce que c'est un coût pour les entreprises.

Q2 : Ça revenait trop cher.

R : Ça revient trop cher aux entreprises.

Q2 : Parce que les…

R : Ben, l'entretien des maisons revient trop cher, au bout d'un moment.

Q2 : Pis, l'entreprise avait des taxes foncières aussi là-dessus ou non.

R : Ah oui, les entreprises paient la même chose qu'un propriétaire.

Q2 : Ce n'était plus rentable, mais ça rentrait dans l'ordre de combien de maisons à peu près ?

R : Oh, ça, j'en sais rien, combien de maisons. A Montcornet, il y en avait pas mal. Combien il y en avait ? Parce qu'elles ont toutes été vendues, en grandeur, oh, je ne sais plus.

Q2 : Une petite tranche, entre…

R : A Montcornet, il y avait bien, oui, entre vingt et trente maisons.

Q2 : Vingt et trente maisons.

R : Si ce n'est plus.

Q2 : Ça a été vendu d'un seul coup comme ça ou…

R : Non à Montcornet ça a été vendu à la fermeture.

Q2 : D'accord.

R : Mais je pense qu'honnêtement celui qui a racheté sa maison à l'époque n'a pas fait une mauvaise affaire.

Q2 : Pourquoi, ils les ont bradées non.

R : Pas bradées, mais ils ont fait des prix défiants toute concurrence.

Q1 : Et c'étaient les ouvriers, les salariés qui ont racheté les maisons principalement.

R : Voilà.

Q1 : Ils ont vendu en priorité à…

R : La priorité c'était celui qui habitait dedans. Il n'y a aucun salarié, pour vous dire, qui a refusé d'acheter sa maison. Si le salarié qui allait déménager, parce qu'il ne se plaisait pas, ben, il y a des salariés de Montcornet, ils sont partis habiter à Guignicourt. D'autres qui sont partis habiter à Saint-Germainmont parce qu'on a été muté dans deux sucreries, la sucrerie de Saint-Germainmont, la sucrerie de Guignicourt, donc, il y a des salariés qui sont partis habiter sur place.

Q1 : Oui.

R : Mais ceux qui ont resté à Montcornet, qui ont fait la route, pendant une époque, ont racheté leur maison.

Q1 : Oui, les prix étaient assez attractifs pour permettre justement aux salariés de rester sur place. D'accord.

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