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La sucrerie de Montcornet : activités, travail, fermeture

Le système des quotas sucre

R : C'est un quota, c'est un quota et puis on a le droit de produire un sucre A, un sucre B et puis le restant c'est du C.

Q2 : D'accord.

Q1 : C'est, enfin, on en a entendu parler, parce qu'on a vu, on s'est entretenu avec une personne qui était agriculteur et qui nous a expliqué ses quotas, mais c'est vrai que, après, dans l'usine même, on ne nous en a pas parlé vraiment, quoi.

R : En deux mots, c'est simple à comprendre hein. L'usine a un quota sucre. Une sucrerie a un quota sucre qui a été décidé, je ne sais plus en quelle année, je n'étais pas à l'usine, et je ne me rappelle plus en quelle année ça a été décidé. A ce quota sucre est rattaché un quota betteraves automatiquement. Donc ce quota betterave a été distribué aux planteurs, aux agriculteurs qui étaient rattachés à l'usine, c'est-à-dire ceux du coin, après les agriculteurs, quand ils se vendaient des terres entre eux ou autre chose, se revendaient ou ne se revendaient pas le quota sucre, le quota betterave du moins. Hein d'accord. Donc, l'usine, elle ne s'occupait pas trop du quota betterave, hein, enfin, elle s'occupait pas trop, elle regardait, mais elle ne s'occupait pas trop du quota betterave, c'était, elle, son problème, c'était le quota sucre. Donc ce quota sucre était produit tous les ans. Alors, le A qui était vendu en France, le B, qui était vendu à l'exportation et le C qui était vendu mondial. D'accord.

Q2 : Et ça c'est, enfin du moins vous, heu, comment vous avez pu déterminer le quota déjà.

R : Le quota, ben c'est suivant, enfin d'après ce que je me souviens, c'était suivant l'importance de l'usine et sa production de l'époque. Il y a eu des références.

Q2 : D'accord et vous avez déjà dépassé ça.

R : C'est à l'usine, avant la répartition, la réparation d'un quota sucre, elle produisait 100.000 tonnes de sucre, on a dit, bon ben vous produirez 100.000 tonnes de sucre. Après quand une usine fermait, quand une usine fermait, si l'usine concurrente avait l'opportunité de racheter du quota sucre, elle pouvait le racheter et le produire.

Q2 : Ça vous est déjà arrivé de dépasser les quotas ?

R : Oui.

Q2 : Beaucoup de fois.

R : Oui, suivant les rendements, bon, un agriculteur va planter, il dit, moi j'ai un quota betteraves de 100 tonnes, 100 tonnes à l'hectare, il y a 60 tonnes, 60 tonnes de rendement, d'accord. Donc, il prévoit il prévoit lui 60 tonnes. Il dit je fais un hectare et demi pour livrer mon quota et autre. Cette année-là, vous avez, au lieu d'avoir un rendement de 60 tonnes, vous avez 80 tonnes, il a fait un hectare et demi, il va livrer 120 tonnes de betteraves, donc 120 tonnes ça va correspondre, il y a 20 tonnes qui vont faire du sucre C. D'accord.

Q2 : D'accord, c'est remis après dans l'autre…

R : Voilà, ça bascule.

Q2 : Donc finalement, vous n'arriviez jamais, parce qu'il y a un quota pour le sucre C ou.

R : Non, non, c'est libre.

Q2 : Ah d'accord, donc, il n'y avait jamais rien de jeter, quoi.

R : Ah non, jamais.

Q1 : Et en fait au niveau du sucre, enfin du produit en lui-même, il n'y a pas de différence entre le A, le B et le C, c'est juste la destination où est-ce qu'il va être vendu ?

R : Si, il y a une différence de prix.

Q1 : Une différence de prix.

R : Oui, le sucre A, c'est le cours, c'est pas c'est pas les sucreries qui disent, on va vendre le sucre 100 francs la tonne, hein, c'est les cours qui existent.

Q1 : Le marché.

R : Non, du cours qui existe, c'est un prix fixé. Le B, il est même prix que le A, mais par contre, entre-deux, il y a des taxes à payer, ce qu'on appelait la (???), c'était une cotisation à la production. Ça allait au syndicat national des fabricants de sucre qui était réparti, enfin on ne va pas rentrer dans les détails. Et le C, c'était le cours mondial.

Q1 : D'accord.

R : Cours mondial qui était déterminé selon les besoins, suivant les demandes.

Q1 : Et euh, en général, le C était plus cher ou ?

R : Moins cher.
Q1 : Moins cher que le A.

R : Que le A et B.

Q2 : C'est en réponse à la concurrence avec le sucre de canne.

R : Non, c'était la demande, sur le marché mondial, quand vous avez beaucoup de demande, les prix flambent, c'est comme tout.

Q2 : Ouais.

R : Quand vous avez moins de demande, ben, les prix baissent. Il n'y avait pas de concurrence avec le sucre de canne.

Q2 : Y avait moins de demande.

R : Y a eu à un moment donné beaucoup de demandes et après il y a eu moins de demandes. Donc, les cours ont baissé aussi.

Q2 : C'est arrivé quand, ça, cette baisse de demande.

R : C'est une bonne question, mais je ne l'ai plus en tête, mon cher ami.

Q1 : Par rapport à une sucrerie, parce que là en fait, on se rend compte que le A est, en général, mieux payé, le B, c'est intéressant aussi, mais le C c'est ce qui a l'air d'être un peu le moins intéressant. Est-ce que c'est plus intéressant pour une sucrerie de produire peu de C ou d'en produire justement beaucoup pour…

R : Pour une sucrerie, ce n'est pas intéressant de produire du C. Si les sucreries savaient le prix, quand elles produisent, ils en produiraient plus ou moins.

Q2 : (???)

R : Elles savent quand elles vendent. Elles savent à la fin de l'année d'après. Moi, j'ai vu j'ai connu du C qui était vendu, le cours mondial était le même prix que le cours national.
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