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L'organisation et la vie quotidienne au Familistère

L'organisation hiérarchique du familistère de Guise et de l'usine Godin

Q2- Pour en revenir à l'instruction au Familistère. Godin, c'était un penseur mais également, il a écrit des ouvrages. Est-ce qu'on enseignait Godin ?

R1- Ah oui oui. Alors on nous parlait d' Godin, pis d'son oeuvre hein, de Madame MORET, d'tout Ca de, et c'est Madame (???) qui s'occupait des écoles, si, d'ailleurs, y'avait une fête de l'enfance à la distribution des prix, le prix de Madame Davey, y'avait.(soupir). et y'avait l'théâtre, y'avait tout ça hein. Y'avait, c'était une ville, une petite ville dans la ville. Y'avait.. y'avait tout, y'avait boucherie, boulangerie, charcutier, épicerie (silence), on pouvait vivre en circuit fermé pratiquement.

Q1- Puisque apparemment, ce qui était important aussi, c'était tout le côté qu'on donnait aux loisirs en fait. Pour l'époque, on pouvait faire quand même beaucoup de choses au familistère.

R2- Oui.

R1- Ah oui ah oui

Q- On pouvait vraiment s'détendre le week-end et faire autre chose

R1- Ah oui ben oui, vous pouviez faire partie des sociétés, c'est certain, oui

Q- Ce qu'on pouvait p't-êt pas faire dans la ville

R2- Ah ben la ville y'avait pas de moyens. Là, c'était entretenu par l'usine.

R1- Oui. Et v'savez, faut être honnête, bon maintenant, on s'rend compte que ce serait p't-êt plus faisable parce que ça coûtait énormément cher, énormément cher. Fallait (soupir) Quand Godin a créé tout ça, c'est là qu' c'était admirable, parce qu'en plus des idées sociales qu'il pouvait avoir, c'est que fallait qu'ce soit vraiment un créateur, un chef d'industrie pour avoir monté son usine, hein, entreprendre la fabrication des poëles en fonte tout ça, et vraiment, vendre beaucoup pour gagner de l'argent pour faire tout ça, pour acheter les terrains pour faire les familistères, pour les équiper, pour faire les sociétés, pour faire les écoles

R2- Oui mais justement, il s'est pas occupé d'une fortune personnelle, il l'a faite pour les ouvriers

R1- Oui enfin

R2- Revenons maintenant à ça, c'est que les bénéfices étaient partagés en partie

R1- Ah, oui, en fin d'exercice euh, les associés - y' avaient des associés participants et sociétaires - prenons les associés : on avait un titre d'associé comme vous auriez une action dans une entreprise quelconque, et on avait donc une part des bénéfices en fin d'année.

Q2- C'était, chacun était, chacun était sociétaire, c'est ça ?

R1- Chacun était, le familistère, pas la ville hein, les ouvriers qui ...

Q2- Chaque ouvrier était sociétaire ?

R1- Participant, sociétaire, ou associé quoi

Q2- De toutes façons, ils avaient une part des bénéfices, société ou participant, c'était beaucoup plus faible, ceux qui étaient au familistère qui étaient associés avaient vraiment, oh pftt, je ne sais plus combien ça pouvait faire, mais enfin c'était assez, suivant les années, c'était pas toujours

Q1- Et les associés, ils recevaient une partie du bénéfice directement ?

R1- Oui, c'était, si vous voulez, les bénéfices étaient répartis pour ne pas augmenter un capital. Si on les avait pas répartis, les bénéfices, on aurait vu avec le capital de la société, y' en avait une part qui était destinée à des investissements quelconques, et une part qui était distribuée comme ça

Q1- C'était quoi la différence entre les associés et les sociétaires

R1- Of (soupir)

Q- Comment on pouvait être associé, par exemple

R1- Ben associé...

R2- Fallait être nommé par l'ensemble des familistériens

R1- Fallait être élu, y'avait une assemblée annuelle des associés. Bon, on était j' crois y'en avait à peu près 500, des associés un moment. Alors à cette réunion là, si vous (hésitation), les enfants du Familistère se présentaient pour être associés. Alors, ils étaient élus ou pas élus tout d' suite, quèqfois, y s'présentaient une fois, quelquefois, ils se présentaient trois quatre fois, ça dépendait un p'tit peu de l'opinion des associés, ou bien que y'en a. V'savez quèqfois vous aviez un état d'esprit un peu spécial, y' a des associés qui disaient ben on est assez nombreux, hein, parce que plus on sera moins on touchera de bénéfices.

Q2- Ce qui allait contre l'idée de Godin hein déjà au départ ?

R1- Lui, ah ben en fait si on peut dire, la magnifique chose qui a été faite par Godin, c'était magnifique ce qu'il a fait, ça a été fichu en l'air par les ouvriers, ça a été fichu en l'air. Il avait fait les conseils de gérance et d'surveillance bon, auxquels les associés étaient chargés d'élire des représentants pour des r'présentants qui étaient censés donc être les plus compétents pour s'occuper de la chose sérieusement. D'ailleurs, ils avaient une rétribution en fin d'année, ils touchaient une part des bénéfices spéciale, une rétribution de conseiller. Alors ça a duré, peut-êt' les deux, ou trois, quatre, cinq premières années, je n'me souviens plus, parce que c'était très très vieux pour moi. Mais après, évidemment, les ouvriers ont commencé à s' dire : "ah oui, ah ça, c'est embêtant, ce gars là bon, il touche une somme à la fin d'l'année, ben pourquoi pas nous ?". Si bien que renversant les idées de Godin, ils n'ont plus du tout tenu compte des ///

R2- de la valeur

R1- ///de la valeur des gens, de leur capacité à faire ça, et ils ont été élus à l'ancienneté dans la maison. On faisait une liste, ils disaient

Q1- D'accord

R1- bon ben celui là il a trente ans de présence, il est élu, vous avez trente ans et huit jours, vous passez avant. Y'avait des listes ///

R2- Là, c'était plus valable

R1- /// de cinq, six gars qui s'présentaient pour en élire trois. Honnêtement, on s'est retrouvé à un certain moment avec un ou deux conseillers de gérance, je dis pas ignares, mais presque, presque. C'est ...

Q1- Oui.

R1- Mais seulement c'était leur tour, et à la fin de l'année, ils avaient leur réunion

R2- Mais ça c'était justement pas

Q1- Mais c'était pas dans les principes énoncés par Godin, au départ

R1- Non euh

R2- Oui, mais Godin, n'aurait pas accepté ça.

Q1- Il n'aurait pas accepté ça.

R1- Non, il n'aurait pas accepté. Il aurait pas accepté.

R2- Lui, il voulait la valeur de l'individu.

Q - D'accord

R1- Oui. C'étaient des gens qui pouvaient s'en occuper, et qui avaient les capacités, l'instruction nécessaire pour s'occuper de ça, euh, faire quèq'chose de valable. Ca a été ah y' a eu beaucoup d'choses qui ont été démolies comme ça quoi,

Q- Mais les sociétaires... En fait chaque personne vivant ou participant au familistère était sociétaire, était actionnaire en quelque sorte dans le familistère

R1- Ah ben, les participants et les sociétaires, ils n'avaient pas de titre, hein j' crois ?

R2- Oh non.

R1- Je m'souviens plus, moi j'ai jamais été là, j'étais associé (temps d'arrêt), j'ai pas été participant ou sociétaire

R2- Oui mais moi par exemple j'ai jamais eu de titre

Q- Vous avez jamais été participant ou sociétaire ?

R2- Non

R1- Non

Q1- On pouvait, enfin plusieurs membres de la famille pouvaient être associés, ou c'était plutôt

R1- Y'avait, là aussi y'avait une chose. Par exemple, moi mon père était associé, bon ben, enfant de fils du familistère, il était associé pratiquement de droit quoi, et tout le monde votait, c'était d'accord. Mais quand ma mère, donc travaillant aussi au magasin d'épicerie, s'est présentée pour être associée, elle, elle a été oh j'sais pas plusieurs années avant d'être élue associée, parce qu'y' avait un certain nombre d'associés qui voulaient pas d' ça. Ils voulaient pas deux associés dans la même maison.

Q1- Oui

R1- C'était le...

Q2- Votre mère, elle a réussi à être associée

R1- Elle a été associée aussi, oui

Q2- Et c'était une première femme associée, ou il y en avait eu d'autres avant ?

R1- Oh avant y' en avait eu, mais enfin, pas tellement, pas tellement. Mais j'vous dis y'avait l'esprit pas deux associés dans la même maison. Alors c'est pourquoi que ben moi quand j'me suis présenté, qu'j'étais encore jeune homme, c'est ben, c'est pareil. On sait jamais, si vous allez avoir la majorité des voix pour être élu parce qu'il y en a qui s'disent : ah ben ça va faire trois associés dans la même maison, hein, tant qu'vous n'êtes pas marié, qu'vous vivez pas séparément. Et ben ma foi, (soupir) (silence) on n'passait pas à l'unanimité,mais c'était pas terrible, quoi, il manquait p'têt' vingt voix sur cinq cents c'était

R2- Par contre, par exemple, dans les nouveaux admis, on appelait ça les nouveaux admis

R1- Oui.

R2-/// comme mes parents avaient fait une demande,

R1- Oui.

R2- /// Ben c'était très rare qu'ils passent associés, parce que les familistériens, les vrais

R1- Oui....

R2- n'acceptaient pas

R1- Ah oui

Q- Ne voulaient pas

R2- Ils acceptaient pas

R1- Oui, ben oui, ils votaient très difficilement pour eux quoi

Q- Pour quelle raison vos parents ont voulu devenir familistériens ?

R2- Pour certains avantages ///

R1- Ben oui pis ///

R2- /// et pour l'appartement. Parce que quand bon ils étaient à l'usine, par exemple, ils ont eu droit à un appartement ben c'était quand même bien plus agréable que d'habiter l'appartement en ville où on n'avait pas de confort.

R1- Oui, pas d'eau, pas de waters, pas de tout ça

Q1- Ils travaillaient aux usines Godin ?

R2- Mon père

R1- Oui.

Q2- Donc, on pouvait y travailler sans être familistérien, ce n'était pas une relation automatique.

R2- Eh bien, bon mon père, en plus il était pompier, il était musicien. Il a eu des facilités comme ça, pour être admis.

R1- Oui il faisait partie de trois sociétés, bon ben musicien et pompier, y'avait une certaine reconnaissance pour celui qui était ///

R2- Déjà comme ça, on a eu un appartement en tant que pompier, en face de l'usine

R1- Oui

R2- pour pouvoir...

R1- pour pouvoir arriver plus rapidement s'il y avait le feu quoi

R2- Et après faire une demande, bon ben, on avait quand même des facilités [du fait que nous étions bien avec M. RABAUX ] faire une demande d'associé, bon ben.. Ah il est passé quand même, mon père

R1- Il a même été élu du conseil hein

R2- Oui.

R1- Hein ?

R2- Ca c'était quelque chose de formidable

R1- Exceptionnel hein

Q- C'était exceptionnel ?

R1- Oui, parce qu'un associé, en somme, (sourire) un associé un p'tit peu par recours quoi (rire R2) qui était pas d'origine, être élu du conseil, si parce qu'y'avait beaucoup de sympathisants quand même

R2- Oui, mon père était ....

R1- après, il a été concierge ///

R2- Mon père était aimé de tout le monde hein alors évidemment

R1- /// Il était concierge pis c'était un bien brave homme quoi alors bon ben, concierge, c'est pareil, il connaissait pratiquement tout le monde, alors pis il était sympathique, bon ben, il a été élu conseiller, bah, c'étaient des années où ça rapportait plus grand chose

R2- Ah non, là à la fin, l'usine était évidemment à bout de souffle quoi

R1- Oui, c'était...

R2- On n'avait plus...

R1- Les bénéfices étaient réduits quoi

R2- Mais enfin, on était quand même contents, même si ça ne rapportait rien, d'avoir été nommé

R1- Oui, c'était une satisfaction morale, quoi, que on avait voté pour vous

Q1- C'est ça, oui, d'avoir été élu

R1- C'est un p'tit peu comme ç'ui qui s'présente comme maire ou autre chose, et pis qui est élu quoi

Q2- C'est une forme de reconnaissance

R1- C'est qu'on l'aime bien dans la commune. Alors là, c'est pareil c'est qu'il était estimé dans la maison, donc on votait pour lui quoi

Q1- Ca votre père était aimé, et ça le réconfortait de ne pas être familistérien de naissance, mais d'être reconnu quand même

R1- Oui.

R2- Oui, oh oui.

R1- Ah oui, ils étaient bien intégrés quoi c'était

[...]

Q2- Par exemple, vous lorsqu'on se mariait avec quelqu'un qui n'est pas du familistère, il faut faire la demande auprès du familistère ?

R2- Exactement, pour que la femme soit admise

R1- Elle sera admise, mais enfin il faut faire la demande, et elle passe justement devant les conseillers pour acceptation

Q2- Mais il n'y a pas de refus de toute façon ///

R1- Non

Q2- /// c'est une formalité

R2- Euh, à moins , à moins qu'il y ait quand même

R1- A moins qu'elle ait vraiment une mauvaise réputation, ou qu'il y ait quelque chose que ///.

Q2- Ah quand même ?

R2- Ah oui.

R1- /// ils peuvent ne pas l'accepter, moi, je ne me rappelle pas, j'ai pas connu quelqu'un

R2- Non, on n'a jamais connu quelqu'un qui avait été refusé, mais ça pouvait arriver

R1- Ca peut. C'était possible, le règlement était fait pour ça...

R2- Mais en réalité je crois que les personnes ///

R1- /// pour éviter ça quand même

R2- /// qui auraient pensé être refusées ne se seraient pas présentées

R1- Oui, je crois

R2- Elles auraient pas fait une demande

R1- Non ... je pense. Non, j'sais pas...

Q1- En fait, si c'était refusé, on pouvait se marier, mais on quittait le familistère. On quittait tout le système

R1- Ah ben non en fait

R2- Non, le mari étant toujours là

R1- Le mari étant au familistère, elle peut habiter avec lui quand même bon

Q1- Sans se marier

R1- Sans être admise, ah ben, sans se marier

Q1- Sans se marier

R1- Sans s'marier, alors là, là, aussi, y'avait une chose hein, c'était pas ...le concubinage n'était pas admis hein

R2- n'était pas admis au Familistère hein.

R1- Ca, dans le temps non. Ca, c'était une chose qui était exclue, hein, ah non

Q2- Il n'était pas admis, mais il n'était pas non plus ///

Q1- Il existait, on faisait semblant de pas voir ou c'était vraiment pas admis ?

R2- C'était pas admis

Q1- C'était pas admis.

R1- C'était pas admis, non.

R2- Du reste, j'crois qu'les gens

R1- Moi j'ai jamais connu ça

R2- Justement, quand ils savaient qu'ça n'existait pas, ben ils se mariaient.

R1- Oui.

R2- Si on faisait connaissance, on s'mariait ///

R1- Oui.

R2- /// parce qu'on n'admettait pas de vivre comme ça quoi.

R1- En plus d'ça ils acceptaient pas...

R2- On trouvait qu'ça faisait un mauvais exemple.

R1- Vous, vous êtes jeune, mais à cette époque là, c'était assez rare, oui, c'était rare, il était pas de bon ton, dans la famille que ///

Q1- Voilà

R1- Ben maintenant c'est le compagnon, c'est l'ami, c'est le petit copain, à l'époque non. Mais même dans vot'famille, par exemple vous auriez dit, (silence) on vous aurait un p'tit peu mis à l'écart, quoi, maintenant c'est courant.

Q2- Donc il y avait quand même un contrôle de la famille, indirectement par le mariage, on contrôlait quand même l'extérieur

R2- Exactement oui oui oui

R1- Oui oui si.

R2- En somme, du début jusqu'à la fin, on était obligé de se bien se tenir, si vous voulez.

R1- Oui, ça arrivait à faire un petit peu un code de conduite (temps d'hésitation), pas vraiment obligatoire, draconien, mais qui est admis par tout le monde et que tout le monde respecte un p'tit peu volontairement, quoi ben c'est pas ///

R2- Nous, on trouvait la chose normale

R1- /// Y'a pas besoin de gendarmes quoi

Q2- Mais ça assurait le bon fonctionnement en fait de l'ensemble

R1- Oui oui oui. Et tout le monde surveille un petit peu...Ben les gosses, si on faisait des bêtises, ben, v'savez, qu'ça soit le voisin ou ben l'gars d'en face, y' a toujours quelqu'un qui intervenait pour nous faire stopper, ah, on disait rien hein

Q1- On s'permettait de punir à la place des parents ou on réglait..

R1- Pas punir non, pas punir, ah bah c'était pas nécessaire, v'avez, y vous faisaient une réflexion ou bien faut pas pas faire ça ou faut arrêter, on obéissait plus facilement à quelqu'un, oh non, ils obligeaient pas ... et y'a personne qui vous flanquait des gifles ou bien des coups de poing, non.

Q2- Lorsqu'il y avait un litige entre des familistériens, ça se réglait au sein du Familistère, ou bien on avait recours aux tribunaux ou ?

R1- Enfin, litige, quel sorte de litige ?

R2- Ca se passait au bureau de l'économat

R1- Souvent au bureau de l'économat, oui, qui s'occupait de la gérance de tout, des immeubles, d'tout ça, mais qui était un p'tit peu, euh oui (soupir) un p'tit peu l'garde-champêtre quoi si on veut

R2- Par exemple, si quelqu'un faisait un peu d'bruit, et que les voisins se plaignaient

R1- Oui

R2- Bon, y'avait le garde qui allait se rendre compte sur place, voir si c'était vrai ou pas, parce que quelquefois qu'on raconte des histoires, et après, bon ben avant de ... ils étaient appelés tous les deux euh ///

R1- Oui, à l'économat ///

R2- /// Au bureau

R1- /// Et ils essayaient de s'arranger

Q1- C'était un arrangement à l'amiable ?

R2- En général, ça s'arrangeait très bien

R1- Non , c'était.. oh, j'ai jamais connu de grandes choses bon, pas de violence ou non , c'était pas..

Q2- On réglait ses affaires entre soi ///

R2- Oui.

Q2- /// pas à l'extérieur du familistère

R2- Ah non non, ça se passait pas ...

R1- Ah non

R2- Voilà.

R1- Ah non, c'était pas, en plus de ça, y'avait pas grand chose comme conflit à régler, quoi, des p'tites histoires de voisinage, peut-être quoi

R2- Mais jamais bien méchantes

R1- Pas beaucoup, et pis ça n'gênait pas tellement. Mais si on tolérait par moments que l'voisin fasse du bruit par exemple un peu plus tard si on savait que il avait quelqu'un chez lui ou bien que ///

R2- Qu'il avait une fête quelconque

R1- /// D'ailleurs, bien souvent y vous l'disait

R2- Il prév'nait ou alors, il poussait la chose à dire : ben vous viendrez prendre un pot

R1- Il nous invitait, il nous invitait, comme ça, c'était pareil.

Q2- Et les familles des familistériens se rendaient quand même dans le familistère, y'avait un apport extérieur de temps en temps, c'était pas un lieu complètement clos ?

R2- Ah non, on pouvait r'cevoir sa famille extérieure, ça, c'est certain

R1- Ah comme relations, non. Vous pouviez (temps d'hésitation) n'importe qui,inviter n'importe qui chez nous, ça n'avait rien à voir. C'était comme si vous aviez une habitation n'importe où

Q2- N'importe où, oui, dans un collectif

R1- Comme ici, j'peux inviter n'importe qui. C'était la même chose quoi.

Q2- C'était la même chose.

R1- Mais enfin le règlement par exemple, c'était après 10 heures du soir, on f'sait pas de bruit, ou bien des choses quoi, comme ça, qu'on respectait, quoi, sauf de rares exceptions

R2- Ou de n'pas...on n'avait pas le droit de secouer des chiffons à n'importe quelle heure

R1- Pas pendre de linge aux fenêt' comme vous avez pu le voir maint'nant hein. C'est désastreux, quand on pense maint'nant au familistère, moi ça me fait mal au coeur, pis là du linge pendu aux fenêt', tout ça, c'était interdit. Y'avait des pendoirs pour étendre le linge, hein, y'avait des barres pour batt' les tapis, tout ça, c'était prévu.

Q- C'était au lavoir ?

R2- Au lavoir, oui, et même au familistère, derrière le familistère, y'avait de quoi étendre le linge.

R1- Mais oui, y'avait des fils de tendus sur les piquets, pour étendre le linge, pour l'mettre à sécher, derrière chaque familistère. C'était prévu.

R2- Parce qu'à l'époque, les machines à sécher le linge, ça n'existait pas hein alors ///

R1- Ah non.

R2- /// fallait bien s' débrouiller. Mais on se s'rait fait réprimander s'il y avait eu du linge d'pendu

R1- Ah oui, ah ça, le garde serait passé, ben vous enlevez ça hein. C'est désastreux de voir ça aux fenêt' hein. Ca fait vraiment la casbah, maint'nant quand j'passe là-bas ça ...

R2- Et puis tout le monde était t'nu d'être propre

R1- /// ça fait de la peine hein de voir ça

R2- D'abord ça se voyait pas , quelqu'un de sale, au familistère, ça n'se connaissait pas

R1- Non, y avait un minimum de propreté, d'hygiène, qui était..

Q1- Qu'est-ce qu'on avait comme aménagements dans l'appartement, par exemple, à l'époque où vous y étiez ?

R1- A l'époque, où on y était, l'aménagement non, c'était pratiquement. Nous, après on a eu l'eau dans l'appartement

R2- On a connu l'eau dans l'appartement et nous déjà une salle de bains

R1- Oui, parce qu'on a fait installer une salle de bains parce qu'on a eu l'eau dans les appartements. Mais c'était la seule chose quoi. Après ils ont monté les waters d'ailleurs j'crois hein.

R2- Oui, mais nous, enfin on est parti avant

R1- Moi je suis parti avant. Je n'ai pas eu les waters chez moi, j'étais parti avant

Q2- Donc c'était toujours sur le balcon en fait ?

R2- Voilà.

R1- Oui oui oui. Ca évidemment j' vous dis pas, c'était pas chauffé l'hiver hein c'était (rire) les toilettes (rire), mais c'était pareil, c'étaient des toilettes faites pour l'époque, pour êt' communautaires, c'étaient des sièges à la turque hein. Y'avait...

Q1- Du point de vue hygiène

R1- Voilà. C'était au point de vue hygiène, mais y 'avait un robinet d'eau à côté

R2- De toutes façons, vous savez y'avait du personnel pour les nettoyer

R1- Pour les nettoyer

R2- Comme ça, fatalement, c'était toujours propre
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