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L'organisation et la vie quotidienne au Familistère

Familistère de Guise : La mémoire du personnage de Godin

Q2- Et donc le personnage de Godin, c'est quelqu'un dont vous avez entendu parler par vos parents ou vos grand parents

R1- Ah oui ah oui. Ah oui. En général, on peut dire tous les Familistériens on peut dire par exemple ça a été vu comme une religion, j'étais godiniste

R2- On vénérait, on vénérait la mémoire

R1- On était reconnaissant quand même à Godin. Moi qu'j'avais pas connu, mais je m'rends compte que c'était quelqu'un d'exceptionnel hein, un ouvrier qui était arrivé à faire ça et qui avait cherché à rendre les autres ouvriers heureux, à leur donner quand même vraiment un sort bien meilleur, ça y a pas de doute.

Q2- Et le personnage lui-même, vos parents , grand-parents, l'ont connu, vos grands parents

R1- Euh, mes grands parents oui, mes parents, ben je sais plus ils sont nés en 1883, mes parents, euh Godin il est mort en

R2- Non, tes parents n'ont pas dû le connaître

R1- Non, je n'pense pas que

Q2- Et vous avez jamais entendu vos parents parler de de ce que leurs grands parents même auraient pu leur dire sur le personnage ou des ? C'était quelqu'un ?

R1- Ah si !

R2- Ben c'est à dire, il était aimé de tout l'monde,

R1- Ah oui ça c'est

R2- Il était très aimé.

R1- Ah si et pis on entendait des anecdotes quoi de, par exemple quand ils ont constuit les familistères, le familistère central, c'était dans les débuts où, c'était celui d'droite j'crois l'plus vieux, Mme Godin qui avait demandé à un de ses copains compagnons, puisque c'était un compagnon serrurier Godin, était ouvrier, comme ça, qui était charpentier , d' lui faire la charpente pour mettre la verrière. On nous racontait toujours ça. Bon ben l'autre y a dit : oh bah j'vais prendre les mesures , d'accord, j'vais t'faire une charpente -puisque y s'tutoyaient- mais ça va pas coller, l'autre lui a dit : écoute bien, quand j'emmènerai la charpente, si on est obligé d'y retoucher pour la poser, je te la fais gratuitement. Il a posé la charpente, y'avait rien à retoucher

R2- Bon ben et pis maintenant, maintenant qu'ils sont obligés de la refaire

R1- Oui

R2- Et ben ça va

R1- Ca va pas

R2- Ils sont pas fichus d'avoir quelque chose///

R1- Maintenant ils sont pas fichus d'avoir des ouvriers qualifiés pour faire à, à l'époque hein

Q2- Et c'était un personnage qu'on enseignait à l'école également, Godin, c'était quelqu'un dont on vous parlait à l'école ?

R1- A l'école, oui, les institutrices ou instituteurs nous parlaient de Godin de temps en temps, mais enfin, il faut pas croire qu'on était///

Q2- Y'avait pas de culte ?

R1- On n'était pas endoctrinés, euh non !

Q2- Y'avait pas de secte ...

R1- Mais on se rendait bien compte quand même, oui, des avantages pour l'école tout ça. Dernièrement, j'ai r'trouvé un cahier qu'on m'avait donné en étant à l'école quoi, il est bien marqué avec une grande rosace comme ça, école du Familistère de Guise, on s' rendait bien compte qu'on avait tout ça quand même ... c'est vraiment un gros avantage ! pas de doute.

R2- Ben les jeunes qui faisaient leurs études, ils étaient habillés hein, ils avaient les costumes

R1- Ah oui, aux arts et métiers

R2- Et leur argent de poche

R1- On leur donnait leur uniforme des arts et métiers puisqu'il y avait un uniforme, à l'époque, mais par contre, j'vous assure que les institutrices puisque moi j'n'ai connu qu'un instituteur, un vieux, le père, les institutrices en dehors de l'école, on restait élèves hein. S'agissait pas qu'on rencontre une institutrice en ville et pas y dire bonjour hein ... ou bien qu'elle nous voie///

R2- Ah oui, vous étiez très respectueux de

R1- Ou qu'elle nous voie en ville fumer une cigarette hein. Du trottoir d'en face elle vous aurait appelé ... ah oui, c'était .. C'est des gens, oui, qui étaient peut-êt' pas qualifiés comme ceux d'maintenant au point de vue diplômes, mais qui faisaient leur métier euh vraiment avec coeur, avec conscience. En dehors de l'école, ils étaient toujours institutrices et instituteurs. C'était, c'est ça. Je l'ai compris après. Ben, à cet âge là, bon ben non, ça me semblait naturel, il y a qu'après quand j'ai vu j'me disais : en effet ces gens là étaient quand même dévoués

Q1- Mais y'avait vraiment un contrôle ?

R2- Mais tous les ans, tous les ans y avait quand même au moins deux gars qui partaient pour faire des Arts et métiers

R1- Ah oui oui oui.

R2- Des fils d'ouvriers

R1- Oui oui des fils d'ouvriers qui s'en allaient comme ça à l'école pour être ingénieurs quoi, ou en ville, c'étaient..

Q2- Et c'est qui qui régissait le familistère, à l'époque quand vous y étiez

R2- Et ben c'était le gérant

Q2- C'était le gérant, c'était Monsieur RABAUX

R2- Et avant c'était M. Colin

R1- Avant c'était M. Colin, oui

R2- Avant, j'sais plus, moi j'l'ai pas connu

Q2- Donc il était à la fois gérant de l'usine

R2- Oui oui

Q2- Et gérant du Familistère

R2- Oui oui.

R1- Ah tout, tout ça///

Q2- La société également ?

R1- Ah tout, il gérait toute sa société

Q2- Et on devenait gérant de quelle façon ?

R1- Euh

R2- Nommés aussi

R1- par l'élection des associés

R2- Enfin, là quand même par leur valeur déjà

R1- Ah ben ça oui, les associés étaient quand même suffisamment conscients pour pas (sourire) voter pour un manoeuvre, en supposant qu'un manoeuvre se soit présenté comme administrateur-gérant, non. C'était, M'sieu RABAUX c'était un ingénieur des arts et métiers, Monsieur Colin avant j'crois qu'c'était pareil. Ca devait être un ingénieur des arts et métiers

R2- Aussi oui

R1- C'était souvent, c'était souvent une profession comme ça quoi, un ingénieur, plutôt en mécanique, pas prendre une autre branche

Q2- Et c'était quelqu'un qui était choisi pour ses qualités///

R2- Ah oui,là oui oui oui

Q2- ///Y'avait pas de passation de pouvoir ?

R2- Alors là non, absolument pas non

R1- Non, là là, non. Là c'était pas une question de savoir s'il serait avantagé ou ; prendre quelqu'un de compétent d'abord, et puis quand même sérieux hein, parce que bon ben y'a pas d'secrets , y'a des gens très intelligents///

R2- D'ailleurs celui qui partait pour une raison ou pour une autre, pour une raison en principe déjà il avait quand même déjà jugé celui qui pourrait être son remplaçant

R1- Oui

R2- Alors il en parlait avec les autres associés, les autres directeurs, et disait, bon ben j'vous conseille fortement de
R1- Oui, ils étaient un petit peu présentés comme dauphin quoi, par le prédécesseur, quoi qui disait : ben il y a quelqu'un d'aut' là voilà qui pourra l' faire, quoi. Z'étaient mis un p'tit peu en avant comme Ca ben ah oui. Et si tous, si on prend M. Colin, c'est pareil, c'était un ingénieur des arts et métiers, c'était souvent

Q2- M. Godin n'a pas eu de descendants, ou pas de descendants connus

R1- Il avait un fils

Q2- Il avait un fis

[...]

Q1- Il a repris quand même ?

R2- Non. [...]

Q2- Donc, il a eu conscience quand même en fait de l'importance de la qualité en fait du personnel

R2- Ah oui oui oui

R1- Ah oui ah oui.

R2- Alors y' a eu donc sa secrétaire qui est devenue

Q2- Oui oui

R2- C'était son amie en réalité.

Q2- Mmm

R1- Ah oui, euh

R2- Alors elle était vraiment d'un///

R1- Parce qu'elle était, elle avait, euh apparemment très forte, aussi quoi, au point de vue instruction, et pis elle avait les mêmes idées qu' lui, elle abondait dans son sens et elle a beaucoup aidé

R2- Et au point de vue social, c'est elle qu'avait créé tout ça

R1- Oui, au point de vue social, ça l'a occupé fortement quoi, ah oui

R2- C'est elle qui avait créé

Q1- C'est elle qui avait

R2- créé le bambinat, le pouponnat, et tout ça, c'est elle,

R1- Ah oui.

R2- L'école c'est elle

R1- Oh oui.

R2- Alors lui évidemment il acceptait

R1- Oui oui.

Q2- Elle s'appelait comment sa secrétaire ?

R1- C'était Mme ..

R2- Davey , non ?

R1- Mme Davey

R2- C'est Mme Davey.

Q1- Celle dont vous parliez tout à l'heure

R1- Mme DALLET, ou Marie MORET, j'sais plus.

R2- Ah c'est Marie MORET, pardon

R1- Marie MORET ; Madame DALLET s'occupait des écoles. C'était Marie MORET, j'crois. Ben v'savez, on commence à

Q2- Donc elle a eu un rôle très important au sein du familistère

R2- Oui parce que lui ne vivait plus avec sa femme ni son fils, mais enfin, ils ont vécu, enfin..

R1- Oui.

Q2- Et lui il vivait au Familistère ?

R1- M. Godin ? Oui. Oui oui

Q2- Par contre, il a vécu en concubinage

R2- ... Oui mais là c'était pas connu

R1- Là c'était, (temps d'hésitation) oui enfin

Q2- Non, y'avait pas une relation

R1- Non , c'était pas officiel, c'était pas officiel

R2- Il n' divorçait pas, alors évidemment il n' pouvait pas vivre avec sa secrétaire

R1- Non, c'était pas

R2- mais c'était sa secrétaire

R1- C'était sa secrétaire quoi.


Q1- Enfin, personne ne le savait mais, dans le familistère, on..

R2- Ben, je pense que c'était admis parce que c'était une personne très forte, très intelligente

R1- Je n' l'ai jamais entendu critiquée par mes parents ou par mes grands parents

R2- Non justement, du fait de par son intelligence

R1- Oui

R2- et le bien qu'elle a apporté à tous

R1- Oui, elle a fait beaucoup beaucoup de bien

R2- Elle a dû être admise comme ça

R1- Ah oui oui ça a été un

Q- Et vos parents, par contre, ont connu cette femme ?

R1- Oh oui

R2- Oh oui

R1- Oui peut-être, j' sais pas, mes souvenirs, ça s'efface hein...

R2- Voyez, même après et qu'l'usine avait quand même beaucoup moins d' moyens M. RABAUX avait essayé de faire du social aussi ///

R1- Oui

R2- /// puisqu'on se trouvait, moi dans un service médical Godin là, et bien, les personnes qui avaient des bébés, elles pouvaient venir se faire inscrire, on leur fournissait un p'tit lit

R1- Un p'tit lit d'enfant

Q2- Mmm

R1- On leur prêtait un petit lit pour, oui

R2- On leur prêtait, comme bien souvent ils en avaient plusieurs, on ne le récupérait jamais (sourire)

Q2- Donc, on a toujours essayé de rester dans le sens du progrès social

R1- ça a toujours été social.

Q1- Même après ? c'était pas ..

R1- ou ça au point de vue, c'est toujours resté très social, ah si c'est pas

R2- Et voyez, le p'tit lit, c'était pareil, on n'achetait pas des p'tits lits, les tubes étaient faits à l'école d'apprentissage ou un truc comme ça

R1- Oui, les apprentis fabriquaient les tubes en fer.

R2- L'entourage était fait par des couturières de la maison

R1- Oui

R2- En somme c'était réduit comme frais

R1- Oui

R2- et ça faisait plaisir parce que ça fournissait du travail

Q1- Oui oui.
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