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L'organisation et la vie quotidienne au Familistère

L'école privée de Godin à l'intérieur du familistère de Guise

Q2- Vous avez été à l'école du Familistère ?

R1- A l'école du Familistère. Euh même avant l'école du Familistère, si vous voulez, ça a commencé ah pftt (soupir). Aussitôt être venu au monde, y'avait ce qu'on appelait le pouponnat, alors maintenant, vous avez un nom plus scientifique pour des tout petits poupons, et puis après il y avait le bambinat, alors là, j'crois que vous appelez ça les crèches maintenant. C'était jusqu'à 5 ans. Y'avait à peu près 1-2 ans, et pis après 3-4-5 ans. Alors pouponnat, c'étaient les berceaux. Les parents justement qui travaillaient pouvaient vous déposer et vous reprendre. Et après, l'bambinat bon, c'étaient les jeux éducatifs, ou bien (sourire) l'amusement, quoi.

Q1- Et tous les enfants étaient placés dans ces ?

R1- Ah pas obligatoirement au pouponnat, hein ; ça dépendait un p'tit peu. Si les parents travaillaient pas, y pouvaient garder leur enfant chez eux comme maintenant, ou l' déposer. C'était pas obligatoire dans ces classes là. Et après, à partir d'5 ans, alors là, y'avait toutes les écoles qui se suivaient jusqu'au certificat d'études, et un cours complémentaire. Toutes classes de deux ans ; et à partir d'cinq ans, on apprenait à lire, et on partait jusqu'au certificat d'études, et puis deux ans de cours complémentaire. C'étaient des instituteurs privés, c'étaient les écoles privées Godin, où on avait tout, ce qui est quand même particulier parce qu'on vous distribuait les cahiers, l'encre dans les encriers, les plumes, parce que y'avait pas, c'était pas l'époque des crayons à bille, les porte plumes, les livres de classe, y'avait pas de, tout était gratuite.

Q1- Aucun investissement des parents pour ...

R1- Non, c'était, tout, tout était gratuit

Q2- Et les instituteurs étaient ...

R1- Les instituteurs étaient appointés par Godin. C'étaient pas des instituteurs, si vous voulez, qu 'y avaient fait l'école normale ou l'école d'instituteurs comme maintenant mais enfin en général, ils avaient un brevet simple ou quelque chose comme ça.

Q2- Et la plupart du temps, c'étaient des familistériens également ?

R1- Ah ben ils étaient tous Familistère

Q2- Ils étaient nés également au familistère, c'étaient pas des enfants du familistère ?

R1- Pas tous, pas tous nés au Familistère, mais ils étaient venus au Familistère, ils y habitaient bien souvent, bon ben, les maris des institutrices, puisqu'il y avait pas mal d'institutrices, en fait, y'avait un directeur d'école et moi d' mon temps, c'étaient des institutrices sauf en dernier, au certificat où j'm'ai offert un instituteur. Mais ils travaillaient tous, les maris travaillaient à l'usine aussi, quoi, chez Godin. ... C'était un peu spécial, ça. Mais y faut r'connaître une chose, c'est qu'ils étaient tous (temps d'arrêt) très dévoués. Moi je l'constate maintenant parce que ...

R2- Mais du reste, vous aviez toujours de très bons résultats.

R1- Y'avait, oui, c'était net que quand on passait le certificat d'études, y'avait de bons résultats. Bien avant d' passer le certificat d'études, dans cette classe là, pendant deux ans, l'instituteur n'ménageait pas son temps. Alors en plus, on allait - on n'avait pas le même régime que les écoles publiques - on allait à l'école le jeudi matin, on n'avait qu'le jeudi après midi, et on n'avait qu'un mois des grandes vacances, un mois.

Q1- C'qui était vraiment différent de l'école du village par exemple ou de la ville.

R1- Ah c'était différent. Le jeudi, le jeudi matin, ben, c'était pas une école, les filles faisaient de la couture, nous, on faisait du dessin ou du modelage sur terre, des choses comme ça, un petit peu en dehors quoi ; mais c'était l'jeudi matin à l'école. Alors évidemment, on était un p'tit peu, nous, jaloux (rire) de ceux qui allaient à l'école publique, qui avaient plus de vacances que nous. En fait, faut reconnaître que quand même, ben, avec un seul mois de vacances et puis le jeudi matin éducatif, ben ... on était pratiquement obligé d'en savoir un peu plus hein.

Q1- Y avait-il une instruction familistère, y'avait des choses qu'on apprenait à l'école qui étaient liées au familistère ?

R1- Euh qui étaient spéciales au familistère, simplement oui (soupir), simplement, je n'sais plus comment on l'appelait à l'époque, eh ben, on apprenait un p'tit peu ce que c'était que le familistère, que l'association quoi, que la société. Ca c'était quand même normal puisqu'on était destiné pratiquement à travailler là, à passer notre existence dans la société quoi.

Q2- Et quelle est la société ?

R1- Ben, tous les garçons qui étaient à l'école pratiquement allaient travailler chez Godin après quoi ; les filles, pas toutes, parce que le personnel c'était essentiellement masculin.

Q2- C'que vous appelez la société, c'est ?

R1- La société Godin, euh oui.

Q2- Donc, on apprenait les règles qui régissaient en fait la société.

R1- Oui, euhf, une espèce d'instruction civique quoi, oui spéciale à Godin, quoi. Y'avait quand même des choses à savoir un petit peu sur.

R2- Alors, une chose qui était formidable, c'est qu'après on les prenait en charge ceux qui étaient sortis de l'école.

R1- Après, celui qui, oui, celui qui dépassait par exemple, qui voulait continuer les études après les deux ans de cours complémentaire, pouvait s'en aller (petit temps de silence) dans une école d'arts et métiers ou autre, il était pris en charge par Godin, par la maison.

Q1- Donc en fait c'était toujours la société qui payait les études.

R1- Oui, on l'prenait en charge jusqu'au moment par exemple où il était ingénieur. Mais après, à charge pour lui de travailler un minimum de temps dans l'établissement.

Q1- Donc y'avait toujours l'échange en fait.

R1- Parce que autrement bon ben y'avait pas de raison que ... ou de rembourser une partie d'études ou d'venir travailler quoi. Oh, en général, tous ceux qui étaient comme ça venaient travailler d'ailleurs dans l'établissement.

Q2- Vous, Ca a été votre cas ?
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