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L'organisation et la vie quotidienne au Familistère

Les ouvrières à la fonderie Godin de Guise

Q1- Et cette solidarité existait aussi en cas de décès ? Quelqu'un qui devenait veuf ou veuve, on l'aidait moralement ?

R1- Ah ben oui. Non, en cas de décès, bon vous m'direz si c'est quelqu'un d'âgé il y a pratiquement pas de problème quoi, si il travaille pus. Mais si il restait une veuve, disons de j'sais pas moi de 45-50 ans, en âge de travailler, dès qu'on pouvait on lui donnait du travail ; elle travaillait alors en usine, soit, des p'tites choses, ou quèq'fois des travaux pénibles. J'ai connu des femmes seules qui étaient c'qu'on appelle des rebatteuses de sable, c'est à dire que le sable de fonderie, quand il a servi et qu'il faut le détasser, il faut le battre, eh ben y'avait des femmes qui allaient faire ça avant , attention, avant que la journée de travail commence hein. Si les gars, les mouleurs commençaient à mouler à 7 heures du matin, la rebatteuse de sable, elle avait été détasser le sable à 5 heures du matin.

Q1- Ouais.

R1- Après y'avait les râpeuses. Après, bon ça n'a plus existé bon, parce qu'il y avait des machines qui l'faisaient, mais les pièces en fonte étaient nettoyées par ces femmes là avec des brosses en fer. J'vous garantis qu'elles n'avaient pas les plus belles mains du monde hein.

Q1- En fait y'avait combien d'ouvrières ?

R1- Mais ça c'est très vieux. Après c'est des métiers qui ont disparu. Bon après y'avait des femmes qui découpaient du mica pour mettre sur les appareils de chauffage, des trucs comme ça, c'étaient pas des métiers pénibles. Même l'émaillage, après, on avait des femmes, pas mal, à l'atelier d'émaillage parce que c'était plus bon ben les pièces passaient dans le feu, elles les enlevaient en sortant du four, c'était pas particulièrement pénible, hein, bon à part le poids de la pièce. Y'a eu plus de femmes qui ont travaillé.

Q1- Mais les femmes qui travaillaient aux usines Godin, c'était à peu près un quart des ouvriers ou ? Moins qu'ça.

R1- Oh non, y'avait non, y'avait pas beaucoup d'femmes non. Y'en avait quelques unes, par exemple, y'avait un atelier de décoration qu'on appelait. Alors y'avait quelques femmes, des femmes seules comme ça, ou ben, quèqfois une fille du familistère, par exemple, une vieille fille, si vous voulez, enfin, qui avait pas trouvé de chaussure à la pointure (petit rire) enfin elle travaillait, on lui donnait du travail et elle faisait par exemple des décors de l'émail et du faux bois ; le faux bois, c'est fait un peu genre de peinture avec des peignes, bon elles avaient le coup de main. A l'atelier de décoration, elles faisaient décorer les pièces comme ça faux bois. Après, y avait par exemple des décors soit de paysages ou d'autres choses, maintenant ça s'fait plus, mais à l'époque sur des portes de cuisinières émaillées, des paysages comme ça, par décalcomanies, c'étaient ces femmes là qui le faisaient. Plus deux ou trois décorateurs qui, eux, travaillaient au pinceau hein. Certains décors étaient faits au pinceau (sourire).

Q1- Ca devait être assez...

R1- Ah Y'avait y'avait, moi j'ai connu professionnellement là ou bien même chez nous en dessin, un modeleur sur plâtre, j'ai connu des artistes.
Le gars qui a fait ce tableau là, bon , c'était le retoucheur photographique qui était envoyé avec moi, c'était le gars qui faisait les photos. Il faisait des prospectus publicitaires comme ça, peints au pistolet puis à la main, y'avait plus qu'à photographier et à imprimer. Ah oui, c'était. Y'avait des artistes.

Q1- C'est magnifique.

R1- Y'avait du modelage sur plâtre parce qu'il y avait des modèles de pièces qui étaient faits en plâtre. C'était vraiment
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