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L'organisation et la vie quotidienne au Familistère

L'apprentissage du métier à l'usine Godin de Guise

R1- Euh moi, je n'ai pas été à l'école pour êt' ingénieur ou autre, j'ai stoppé après le cours complémentaire et j'ai rentré comme apprenti dessinateur. A l'époque, y'avait pas de CAP. On entrait comme apprenti et on suivait la filière. Alors euh..

Q2- Vous avez été formé au familistère ?

R2- Ben exactement, c'était formation maison

R1- Oui, oui oui.

Q2- Formation familistère avec ...

R1- Oui, euh, celui qui entrait dans un atelier mécanique ou autre, bon ben il apprenait sur le tas, avec des anciens ouvriers.

Q1- Voilà c'est ça ///

R1- Apparemment on a tendance à revenir un p'tit peu à cette méthode là. Enfin, on était apprenti et on travaillait là. C'était pas un apprentissage où on vous mettait dehors après pour chercher un emploi. Vous étiez apprenti, mais avec l'emploi assuré après quoi, c'était ....

R2- Du reste, tu t'es occupé d'un cours d'apprentissage

R1- Ah ben après, y'avait un cours d'apprentissage qui appart'nait à l'établissement

Q1- Parce que dans la formation, on apprenait sur le tas, et on suivait des cours en même temps ?

R1- Non

Q- C'était ...

R1- Non, vous n'aviez pas de cours pour l'excellente raison bon, vous étiez déjà sorti du cours complémentaire, c'était un point de vue orthographe ou mathématiques, tout Ca c'était nécessaire.

R2- Non, mais par exemple, pour ton dessin, il fallait quand même bien que, non, vous appreniez au bureau ?

R1- Avec des dessinateurs. Enfin, moi, j'avais déjà l'avantage d'avoir appris avec mon père qui, lui, était forcément bon en dessin industriel en tant qu'ajusteur mécanicien. Alors (petit rire) j'avais bénéficié des cours paternels avant, alors après, ben on apprend sur le tas avec...

Q2- Et vous avez choisi votre métier ou alors c'est en fonction d'une demande également du familistère ?

R1- J'ai pas vraiment choisi, non c'est assez curieux, il y avait, les patrons de l'usine quoi - à l'époque, c'était M. RABAUX qui était administrateur-gérant - t'naient compte, se renseignaient quand on d'mandait à être embauché, quand on voulait plus aller à l'école, on disait : ça y est bon c'est fini, j'veux pas aller ailleurs, j'veux travailler ; on allait le voir, et il s'renseignait sur les études.

R2- Les possibilités quoi en somme

R1- Oui, euh certainement. Alors moi, (soupir), c'est un p'tit peu l'hérédité, quoi, mon père étant mécanicien (soupir) :"que veux-tu faire ?". Bon ben j'ai dit "ben oui j'veux ben être mécanicien aussi", et l'administrateur gérant, il a dit :"non, il va au bureau d'études". (silence) J'ai pas discuté, j'ai été au bureau d'études.

Q1- En fait vous étiez placé selon les postes disponibles dans l'usine ?

R1- Pas vraiment.

R2- Non, mais parce qu'il pensait qu'il pouvait faire autre chose que mécanicien.

R1- Non parce qu'il s'est dit bon ben certainement il peut faire autre chose que mécanicien.

R2- Alors, comme tout jeune, il réfléchissait pas très bien, et puis M. RABAUX décide de le mettre dans cette

R1- Oui, l'administrateur gérant a décidé oui...

Q1- de vous mettre en stage ?

R1- Da, bon ben j'm'en plains pas, j'ai fait ma carrière là-dedans ; après le dessin industriel, si vous voulez, ce qu'avait fait l'estampillage des appareils chauffage, au gaz ou électrique, qui étaient fabriqués, et y avait l'indication de l'estampillage, on a monté donc deux laboratoires pour la mise au point et l'essai. (soupir). Moi j'me suis lancé dedans ..., dans les analyses, et les laboratoires et pis bon ben j'ai donc additionné le laboratoire avec le dessin industriel et l'atelier de prototypes auquel on s'intéressait forcément parce que le dessinateur était obligé de suivre quand même c'qu'il avait fait pour construire les appareils, et j'ai tout additionné.

R2- Oui, mais c'est bien une preuve que la direction faisait très attention...

R1- Très attention

R2- ... pour diriger leurs jeunes dans la voie

R1- Oui.

Q1- En fonction des besoins de la société

R1- Oui, ah oui, on s'rendait compte.
Ben même le cours d'apprentissage, je m'rappelle, y'avait le cours d'apprentissage, qui était, qui dépendait d' la chambre de commerce de Saint Quentin, malgré tout. Y' avait plusieurs professeurs qui v'naient des écoles en ville du lycée au point de vue mathématiques et puis au point d' vue orthographe. Moi j'prenais en main le cours de dessin et y'avait un atelier d'apprentissage de mécanique avec un moniteur aussi de mécanique. Et en général, bon c'est pareil, les élèves, quand ils avaient fini leur apprentissage, ils sortaient avec un CAP d'ajusteur mécanicien, bon, ils étaient embauchés, pas toujours à l'atelier de mécanique, quelquefois à l'atelier de montage, ou à un atelier autre. Mais si j'en voyais, par exemple, bon, en ma qualité d'professeur de dessin, si j'en voyais un ou deux qui étaient bons en dessin, ben si j'en avais besoin, j'les prenais. ... Je leur proposais : bon ben au lieu d'aller dans l'atelier, tu viens au bureau d'études. Et il r'faisait un apprentissage de dessin plus poussé, c'était ... ça s'passait comme ça, et on avait à mon avis (petit silence) d'aussi bons éléments que...

Q2- Et pour vous c'était quelque chose de naturel de travailler au familistère, vous n'avez jamais pensé quitter le familistère ?

R1- Non.

Q2- C'était le processus normal.

R1- Non, euhf (soupir) j'l'ai quitté pendant la guerre (sourire) pendant trois quatre ans pour aller au chemin de fer, mais accidentellement, quoi, c'était pas (sourire)... J'suis rentré après chez Godin. Non mais not'vie était là. ... Honnêtement, c'était bien quoi.

Q1- Et pendant votre apprentissage, comment s'passait la transmission du savoir avec les anciens ? Ca s' passait très bien, j' veux dire, il y avait vraiment une compréhension, une ?

R1- Ah ben de toutes façons, les anciens, ils vous dressaient hein, enfin je dis "dressaient", c'était pas à coups de fouet, mais ils s'occupaient de vous faire travailler correctement. ... Ah oui.

R2- Mais justement, ça s' passait très bien.

Q1- Ca s'passait très bien.

R1- Ca se passait amicalement, évidemment, c'étaient pas, ils n'avaient pas, vous n'étiez pas victimes de mauvais traitements (petit rire) ou bien..

Q2- D'autant que c'étaient des personnes que vous connaissiez depuis tout jeune en fait, c'est des gens qui faisaient partie...

R1- Pas tous.

Q2- Pas tous ?

R1- Pas tous. En rentrant au bureau d'études, en fait, bon ben j'connaissais qu'une seule personne, c'était celui qui était chef du bureau d'études et qui était venu justement le jeudi nous faire des cours de modelage sur terre. C'était un p'tit peu un artiste, y'avait une partie artistique.

Q- A l'école ?

Q- Le jeudi ?

R1- A l'école.

Q- D'accord.

R1- Alors quand j'suis rentré au bureau d'études, c'était lui l' chef du bureau d'études, bon ben fatalement.. mais après, les autres personnes, bon, j' les connaissais pas, j'ai connu M. Marchand qui y travaillait, je l'connaissais pas tellement avant, donc, pis les autres collègues, ben. Ca s' passait bien.
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